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Georges Rimaud à la conquête de France Galop avec Génération Courses

29/09/2019 - Découvertes
 Cofondateur du tout premier think thank des courses, renommé récemment GENERATION COURSES dans un but de transversalité entre les disciplines du Galop et du Trot, Georges Rimaud lance sa campagne électorale de France Galop par un échange libre, riche et animé avec Arnaud Poirier. Pendant près de 30 minutes, le manager des Aga Khan Studs, tête de liste dans le collège des éleveurs, aborde de nombreux thèmes parfois très chauds, dont celui des primes à l'éleveur où il brise d'emblée une idée reçue... 

 
Georges Rimaud, tête de liste éleveurs, présente le programme de Génération Courses
 
Directeur des Aga Khan Studs et de la liste “Eleveurs” de Génération Courses pour les prochaines élections du Comité de France Galop, GeorgesRimaud a répondu aux questions d’Arnaud Poirier.
Extraits…
 
Pourquoi ce changement de nom de « Génération Galop » en « Génération Courses » ?
 
Au fur et à mesure de l’évolution de Génération Galop, nous avons intégré de plus en plus de professionnels venant de toutes les disciplines hippiques, pas seulement le galop. Et comme le rapprochement du trot et du galop est une thématique « dans l’air du temps » qui fait partie de nos objectifs concernant la gouvernance de la filière, nous en avons tiré les conséquences jusque dans notre nom.
 
Revenons sur le « psychodrame » de la prime à l’éleveur, notamment sa suppression pour les vieux chevaux, qui a choqué beaucoup de petits éleveurs. On vous taxe de vouloir tout bonnement supprimer la prime à l’éleveur, que répondez-vous ?
 
On nous taxe de pas mal de choses ! Ce qui veut peut-être dire que nous avons eu un peu d’influence, et que contrairement à ce qui est dit partout, France Galop ne va pas si mal que ça : aujourd’hui, en France, les allocations sont payées, elles n’ont pas été réduites contrairement à ce qui a pu être dit, mais il y a eu effectivement une réforme des encouragements qui a été proposée par le Président et il a à ce moment-là à chaque association professionnelle de faire des propositions. Concrètement, la prime à l’éleveur a donc été réduite pour les 6 ans et plus, et pour les 10 ans et plus en obstacle. Après ce que vous qualifiez de psychodrame, le Président de Rothschild a demandé à MM. Tassin, Rimaud et Malivet de travailler sur une proposition alternative. Cette proposition était de mettre une prime à 13,5% pour tout le monde – quelle que soit la race, l’âge, les chevaux conçus ou non conçus en France.
Cette proposition était acceptée lorsque nous nous sommes réunis, mais il semble qu’elle ait été ensuite rejetée par le bureau de la Fédération des Eleveurs – en tout cas Loïc Malivet est revenu vers nous pour nous dire que ce n’était pas possible de la mettre en place. La balle est donc un peu dans le camp de la Fédération pour essayer de trouver un autre dispositif qui puisse être accepté par tous.
A un moment, quand on veut faire des économies, il faut bien couper quelque part. On peut toujours dire qu’on « rase gratis », qu’on va se lancer dans de grandes économies sans savoir comment s’y prendre, mais ça ne marche pas. La réforme a donc voulu qu’on enlève des primes aux 6 ans et 10 ans et plus et qu’on mette de l’argent de manière à favoriser un terrain permettant aux éleveurs de trouver des revenus non pas à travers des primes, mais à travers la valorisation de la production et la vente de leurs chevaux - ce qui est tout de même, ou devrait être, la vocation des éleveurs commerciaux.
 
 
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Justement, on vous taxe de ne penser qu’au commerce, au ring d’Arqana. Il n’y a pas que ça dans la vie !
 
Bien sûr qu’il n’y a pas que ça, mais la passion et l’eau fraîche ne suffisent pas toujours ! La preuve en est que, si cela suffisait, il n’y aurait pas de campagne, tout le monde s’en ficherait. Mais en faisant un peu de pédagogie, il n’est pas compliqué de comprendre que le fait de favoriser un terrain qui permettra de vente leur production – pas forcément à travers le ring d’Arqana ou d’Osarus, qui ne commercialisent globalement qu’un tiers des yearlings– va bénéficier aux éleveurs. Pour cela il faut davantage de propriétaires français, et qu’ils y trouvent un retour sur leur investissement, parce que bien sûr il y a la passion, mais il faut une rationalité économique également. Donc je ne vois pas pourquoi il faudrait diaboliser les commerçants en « marchands du temple ». L’économie existe autour des courses, qui peut le nier ?
 
Concernant le projet de gouvernance commune trot/galop qui fait partie de vos propositions, comment voyez-vous cela concrètement ?
 
Il faut bien comprendre que c’est une demande de l’Etat, pas une initiative des sociétés-mères. J’ai accepté de participer au Comité de Pilotage avec Philippe Savinel parce que cela me paraît une bonne évolution, moderne, naturelle. Tout le monde se plaint de la complexité de la gestion des sociétés-mères, il est donc assez logique d’imaginer une unification. Mais il faut d’abord apprendre à travailler ensemble, ce que nous sommes en train de faire. C’est un processus assez complexe car les deux sociétés-mères ont chacune leur historique et des objectifs parfois un peu différents, mais si cela pouvait se faire dans la prochaine mandature, ce serait bien et je pense que cela peut se faire.
 
Vous dites que le système actuel ne fonctionne pas si mal, mais dans ce cas pourquoi la sinistrose, pourquoi les hippodromes vides – même s’il y a quelques améliorations récentes – pourquoi en est-on arrivé là ?
 
Autrefois, on jouait aux billes dans les cours d’école, maintenant on joue aux Pokemon. Les choses changent, les gens ne vont plus aujourd’hui aussi naturellement à l’hippodrome parce qu’ils ont d’autres centres d’activités, il faut donc trouver des systèmes pour les faire venir. Les Jeuxdis de Longchamp on été très efficaces, il y a aussi tout un travail à faire sur l’image des courses, l’image du PMU, le bien-être des chevaux – sujet sur lequel il y a eu pas mal de progrès de faits notamment à travers la création d’Au-Delà Des Pistes.
 
Vous évoquez aussi la question du personnel, qui sont autant d’ambassadeurs des courses.
 
Effectivement, il est essentiel de former notre personnel correctement, et il y a beaucoup à faire sur ce sujet. Hervé Morin avait proposé de mettre en place une université du cheval au Haras du Pin, c’est sans doute une idée intéressante. Il faut aussi s’ouvrir au grand public, c’est la raison pour laquelle nous avons lancé une opération au mois de mai intitulée « Les Haras de légende » et qui a permis à beaucoup de gens de venir voir ce qui se passe derrière nos haies et nos barrières. Il faut continuer dans ce sens, si tout le monde le fait l’impact peut être énorme.
 
Est-ce que Génération Courses va soutenir Edouard de Rothschild s’il se représente à la Présidence de France Galop ? Un autre candidat ? Ou présenter votre candidat ?
 

A ce stade nous ne sommes pas très convaincus par les programmes des candidats qui se sont déclarés. Notre vocation première n’est pas forcément d’aller à la Présidence mais s’il y a besoin que nous y allions, nous irons, et nous avons des gens tout à fait capables de le faire.