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L'Akhal Téké au Turkménistan : cheval de légende dans un pays obscur

28/07/2014 - Découvertes
Au Turkménistan en Asie Centrale, dans un derniers pays du monde où le régime politique est soumis à la volonté d'un seul homme traité comme un demi-dieu, le Président Gurbanguly Berdimuhamedow, un cheval est statufié partout dans larges avenues de la Capitale Ashgabat. Le légendaire Akhal Téké, symbole de la construction d'une nation. Un voyage plein de surprises...VOIR LE FILM ET LA GALERIE PHOTOS. Lire aussi la histoire du cheval du Président Miterrand, l'Akhal Téké qui a révélé l'existence de Mazarine !!!



 

L'Akhal Téké est le plus ancien cheval de sang de l'histoire. Rapide et endurant, doté d'extraordinaires reflets métalliques dans sa robe d'or et sa crinière d'argent pour les specimens les plus typiques, il est né au Turkménistan, en Asie Centrale, il y a près de 4000 ans. Servant originellement aux razzias, indispensable compagnon de route et de guerre, il a été un élément déterminant à travers son histoire la plus ancienne à l'indépendance du pays. Il a failli disparaître sous la domination du Turkménistan par l'URSS, qui envoyait systématiquement ces chevaux à l'abbatoir, après les avoir utilisés pendant la 2e guerre mondiale, mais a été sauvé grâce à une poignée d'éleveurs russes passionnés, alors que le cheptel avait été réduit à néant par le grand tremblement de terre de la province d'Ashgabat (la seule non désertique) en 1948, d'une magnitude de 9,6 sur l'échelle de Richter !

Au Turkménistan, il n'y a pas que les chevaux de sublimes...La population féminine fait penser à un mélange russe, asiatique et arabe du meilleur effet au coup d'oeil !

Le monde ne compte que 6000 specimens, dont 2600 au Turkménistan qui le conserve jalousement et en interdit l'exportation. L'actuel dirigeant de ce pays très discret mais très riche (grâce au gaz),  Berdimuhamedow, en a fait l'emblème du pays. Le Turkménistan vit sous la coupe d'un des plus rigoueux des régimes politiques en terme de liberté individuelles. Le pays est d'ordinaire fermé, et surtout à la presse. Mais à l'occasion du festival du cheval 2013, France SIre a pu se rendre dans ce pays stupéfiant, à tous les sens du terme, entre l'Iran et l'Afghanistan...

Le cheval du Président : un énorme scandale médiatique pour François Mitterrand

Un Akhal Téké est à l'origine du plus grand scandale politico médiatique sous la règne de François Mitterand, qui conduira sur la révélation de l'existence de sa fille cachée, Mazarine Pingeot. En mai 1993, alors qu'il effectue un voyage diplomatique au Turkménistan, pour rencontrer le Niasov, le nouveau leader de ce pays libéré du jour soviétique par l'explosion de l'URSS deux ans plus, il se voit offrir Gend Jim, un cheval de 3 ans, Akhal Téké, une race totalement inconnue en France mais symbole de la nation turkmène.

 

Gend Jim, le cheval du Président Mitterrand, un Akhal Téké qui aura été au départ du plus grand scandale médiatique pour le chef de l'état, ici monté par Alexandre Gros.

 

Le problème est que ce cadeau officiel sera longtemps caché du public. Et pour cause...Lorsque Jean-Louis Gouraud, fameux historien du cheval, souhaite voir ce cheval quelque mois plus tard, et cherche naturellement dans les rangs des Haras Nationaux, il s'aperçoit que les écuries de l'Etat n'ont jamais eu connaissance de l'animal et que ce dernier a disparu de la circulation...Etrange. Alerté, le journal Libération retrouve l'animal, dans un parc d'une résidence présidentielle rénovée dans le plus grand secret près de Paris. En fait, Gend Jim a été donnée par son père à une jeune fille passionnée d'équitation: Mazarine Pingeot. Les journalistes subissent une énorme pression, certains sont menacés de mort, tous sont placés sur écoute, et l'info sur la gamine est muselée pour quelques années. En fait, Gend Jim n'y était pas, car confié à un écuyer, Alexandre Gros, près de Rambouillet, toujours très discrètement. Sous la pression médiatique et le scandale " Où est passé le cheval du Président", Miterrand a été contraint de faire présenter le cheval au public par Alexandre Gros. Il a même participé à un festival du cheval en Belgique, faisant alors l'objet d'un protection policière dignee du chef de l'état lui-même ! Gend Jim est mort de coliques à 23 ans, en février 2010.

 

GALERIE PHOTOS

La course d'endurance, au petit matin, donne le départ du festival du cheval au Turkménistan, un pays très fermé qui ne s'ouvre que pour son animal roi.

 

Un grand pays de tradition, totalement méconnu au coeur de l'Asie Centrale. Le Turkménistan est une ancienne république de l'Union Soviétique qui tient fermement à son indépendance face à la Russie depuis 1991.

 

Le pays s'est choisi comme emblême un animal fin, racé, rare, légendaire mais authentique dont il est le berceau : l'Akhal Téké.

 

Voici le vainqueur de la course d'endurance. De manière générale, le cheval exerce une fascination complète sur la population.

 

Les turkmènes aiment bien les costumes originaux. Celui du vétérinaire qui comporte un toque de cuisinier retient particulièrement l'attention.

 

Les codes vestimentaires sont très précis : toutes les jeunes filles en âge d'être mariées portent le même chapeau avec de longues tresses. Pratique.

 

L'Akhal Téké, cheval de course, cheval de sang.

 

Le gouvernement de Mohamedov, grâce aux sommes colossales que rapportent le pétrole et le gaz, construit une ville modèle à Ashgabat, une capitale entièrement détruite par un temblement de terre d'amplitude 9,6 sur l'échelle de Richter...Les batiments de marbre blanc restent vide, car la population reste traumatisé et craint les bâtiments à étages.

 

A Ashgabat, tout est grandiose, neuf et parfaitement propre, comme ici le théâtre national.

 

Dira-t-on dans 200 ans que Mohamedov était un constructeur visionnaire qui a fait prendre un tournant majeur au son pays, architecturalement très visible.

 

Ashgabat est situé au pied de la barrière montagneuse qui sépare le Turkménistan de l'Iran. Ici, un peu de fraîcheur protège la population alors que le reste du pays est composé à 80 % de plaines désertiques.

 

Le style Turkmène des hommes se décline la plupart du temps à partir d'une très rigoureuse coup de cheveux au bol...

 

Il est 6 heures du matin. Des centaines d'étudiantes ont été convoquées 3 heures plus tôt en ville et amenées par bus en costume traditionnel, et loties de fleurs. Surveillées par la Police en costume noir, elles vont acclamer le Président à son arrivée une heure plus tard sur l'hippodrome où se déroule le concours de beauté, et attendre ici jusqu'au départ du Président en début d'après-midi.

 

Constamment mis en scène, le Président Gurbanguly Berdimuhamedow tombe la veste pour endosser la cape du héros. On remarque qu'il ne porte jamais, ou presque, de costume sombre.

 

Gurbanguly Berdimuhamedow, dit Mohamedov en français, le très ferme dirigeant du Turkménistan.

 

Et la foule applaudit à tout rompre son Président.

 

Le Président en pleine. Forcément bon cavalier, il effectue lui-même des figures de dressage.

 

Un président à cheval qui passe sous un gigantesque portrait, de lui-même...

 

....et derrière lui, une impressionnante cavalerie au pied des montagnes. Mohamedov dirige le cortège, en haut à droite de l'image.

  

Un des héros du pays, ce cheval exceptionnel est capable de rester cabré et d'avancer ainsi pendant plusieurs minutes de suite.

 

L'entrée monumentale du dernier hippodrome du pays, qui a couté 100 millions de dollars, à 7h00 du matin. C'est là que va se dérouler le clou du spectacle : la réunion de courses.

 

 

A l'aube, une foule de plus de 10.000 personnes, tous costumées, a déjà été réunie, en pleine campagne à près d'une heure de la capitale Ashgabat.

 

 

 

On a même du mal à croire que cela est vrai. Et pourtant, c'est bien vrai.

 

Un événement totalement improbable vient de survenir. Le Président Mohamedov vient de participer à une course de démonstration qu'il avait doté à la dernière seconde de plus 11 millions de dollars, qui faire croire à la course la plus riche du monde (plus que la Dubaï World Cup). Mais alors qu'il vient de franchir, bien sûr en tête, le poteau d'arrivée, son cheval a trébuché et le Président a été jeté très violemment à terre. C'est la panique la plus complète dans l'assemblée, car l'homme ne bouge plus et vu la violence de la chute, on peut craindre le pire pour sa santé.

 

Près d'une heure après sa terrible chute, Mohamedov reparait brièvement devant la foule, drapé dans le costume de course traditionnel identique à celui qu'il portait, et sans la moindre égratignure visible.

 

Le président s'était montré, sain et sauf, la réunion de courses peut enfin démarrer sur l'hippodrome flambant neuf, avec un programme 100% réservé aux Akhal Téké, des chevaux qui ont le sens naturel du spectacle !

 

Un parfait specimen de la race Akhal Téké, le 1e cheval de sang de l'histoire de l'humanité, qui remonte à plus de 3000 ans et resté pur.

 

Un parfait specimen...du turkmène authentique, issue d'une peuplade qui fait partie du berceau de l'humanité dite "moderne", c'est à dire  4000 ans avant JC.

 

Le gagnant du Grand Prix, Dalbedew, est le meilleur cheval d'âge, après avoir gagné la plus belle épreuve pour les 2 ans et le Derby à 3 ans en 2012.

 

Au milieu d'un ordre parfaitement rangé dans les tribunes, une poignée de spectacteurs sont des parfaits, véritables, et authentiques specimen d'une espèce qui est finalement la même dans le monde entier : LE TURFISTE !

 

Alors qu'au coeur du groupe de turfistes, la vie reprend ses droits, tout le reste de cet hippodrome est parfaitement contenu, quadrillé, et totalement vide en bord de piste...

 

Le public est rangé, chacun bien à sa place dans les tribunes remplies à bon escient.

 

Arbordant son eternel sourire paternel, Mohamedov revient à la fin de réunion, toujours en costume clair et dépareillé, pour faire la remise des prix. La chute est déjà oubliée...D'ailleurs, il fera revenir le cheval qui l'a projeté à terre pour l'embrasser et le pardonner.

 

Les jockeys alignés ne semblent pas rassurés. Pourtant, ils ne vont pas chez les commissaires. Les 3 premiers de chacune des 6 courses de la réunion remportent des prix très spéciaux...des voitures !

 

Le vainqueur de la plus grande course, le très expérimenté Tohilly Babaev, qui est d'ailleurs le meilleur jockey du pays avec 600 victoires, repart avec un gros 4x4...

 

En conclusion de ce reportage, honneur au champion Dalbedew, le meilleur Akhal Téké de course au monde, présenté ici par son partenaire Tohilly Babaev.