Un trio de fils de fonctionnaires dans La Haye Jousselin

07/11/2011 - Zoom Etalon
En cette période électorale, aussi bien dans notre monde des courses que dans la vraie vie d’à côté avec les Présidentielles qui se dessinent à l’horizon 2012, les fonctionnaires sont au cœur des débats. Quoi que. En matière hippique, l’affaire est réglée. Les fonctionnaires coûtent trop cher (comme dans la vie d’à-côté), donc on ferme ! Merci…

Silence, on ferme !

« Les trois premiers du Prix La Haye Jousselin sont tous issus d’étalons Haras Nationaux ! Et pour nous remercier, on ferme la boutique ! » La phrase est signée François Gorioux, le délégué national section courses de l’IFCE (ex Haras Nationaux), quelques secondes seulement après l’arrivée du Prix La Haye Jousselin 2011. Teintés d’amertume et de fierté à la fois, ces propos rappellent l’issue fatale du service public dédié au cheval.
Comme tout service public, les Haras Nationaux ont coûté et coûtent de l’argent. La crise, la recherche d’économies, la priorité faite à d’autres secteurs plus généralistes et moins spécialisés (par définition) ont eu raison d’une institution vieille de trois siècles et demi. Entretenir un vieux bâtiment à la fonction d’écuries et de ses occupants équins est en effet difficilement défendable face à un projet plus proche des préoccupations quotidiennes du peuple.
Sans le mettre sur le même niveau que l’Education ou la Santé, le service public des Haras Nationaux apporte pourtant lui aussi sa pierre à l’édifice. En proposant des étalons aux éleveurs moins argentés que les riches haras dominants, les Haras Nationaux remplissent leur mission locale. A force de succès (comme ce week-end avec le grand steeple-chase automnal), les Haras peuvent être à l’origine de développement d’élevages et pourquoi pas en bout de chaîne de création d’emplois. Car les bénéfices sur la vente d’un cheval né d’un étalon à prix modeste ou les gains d’un coursier né aussi d’une union bon marché sont d’autant plus grands. Difficile d’en dire autant avec un fils ou une fille de Galiléo pour lequel il fallut se couper un bras afin de s’en offrir les services. Or ce n’est pas le chiffre d’affaire qui créé des richesses mais bien les bénéfices !

Le trio de fonctionnaires

En plus d’être tous les trois des AQPS (voir l’article « Les demi-sang prennent leur revanche »), les trois premiers du Prix La Haye Jousselin sont trois fils de fonctionnaires.
Rubi Ball, double vainqueur du Groupe 1 automnal, est un fils de Network. Encore en vie et en action, le fils de Monsun propose ses services au centre technique de Tréban dans l’Allier et tente de faire le bonheur des éleveurs d’AQPS. Il est d’ailleurs aussi le père du miraculé Quart Monde (Prix Montgomery 2011 et tombé à la dernière dimanche) et de Net Lovely, convaincante gagnante de la Listed Prix Fondeur toujours dimanche. Que de succès !

Network, étalon d'origine allemande est un digne représentant de l'IFCE... père de nombreux AQPS, dont Rubi Ball, il est adulé des éleveurs de cette race.

Rhialco est lui un fils de feu Dom Alco. Mort en décembre dernier à l’âge de 23 ans, Dom Alco (Dom Pasquini) a la particularité d’avoir été associé en course à une multitude de jockeys stars : Cash Asmussen et Tony Cruz en plat, Roger Duchêne, Patrick Sauvat et Dominique Vincent en obstacles. Le vainqueur du Prix Amadou à Auteuil et du Critérium d’Hiver à Rome est le père de Neptune Collonges (Hennessy Gold Cup 2009, Punchestown Gold Cup 2007 et 2008) et des actuels Tout Rouge et Toscana Conti.

Dom Alco, lui aussi était un étalon des Haras Nationaux. Presque autant de produits (395) que nombre de courses gagnées (275), un fonctionnaire qui n'a pas chomé!


Enfin Quarouso est fils du regretté Lavirco. Acheté par les Haras Nationaux par dépit, son frêre Laveron n’étant pas « lâché » par son propriétaire facétieux et exigeant en termes de prix, Lavirco fit feu de tout bois à Cercy-la-Tour produisant en obstacles les tout bons Frolon, Mickaël d’Haguenet, Tarla, Will Tonic ou encore Bel La Vie.
 

Lavirco, lui aussi un étalon du Service Publique était très aimé des éleveurs de chevaux d'obstacles et d'AQPS. Qu'elle était Bel La Vie du temps où les Haras Nationaux avaient la possibilité d'être au service du développement de l'élevage.

Ah…cette bonne vieille administration française.
 

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