Pierre de Maleissye Melun : " Vauban a toujours montré un excès d'énergie raisonnée"

22/03/2022 - Focus Elevage
"Un excès d'énergie raisonnée". C'est avec cette jolie formule que Pierre de Maleissye Melun décrit le champion en herbe Vauban, qu'il a fait naître et élevé jusqu'au sevrage pour Philippe Decouz et Olivier de Seyssel. Un rayon de soleil au coeur d'un mois de mars réussi pour l'éleveur sarthois, avec les victoires de Politico Demago, Horresco Referens, ou encore du prometteur Zertakt. 

Pierre de Maleissye Melun nous raconte la prime jeunesse de Vauban, qu'il a élevé jusqu'au sevrage pour Philippe Decouz et Olivier de Seyssel 

 

Installé à l'orée des "Alpes Mancelles" à Pezé le Robert, le sarthois Pierre de Maleissye Melun connaît les joies du festival de Cheltenham, où son fameux élève Azertyuiop a brillé à 2 reprises dans l'Arkle Chase (Gr.1) et le Queen Mother Champion Chase (Gr.1) au milieu des années 2000. Ce fut aussi le cas peu après en 2007, avec la courte victoire de Taranis dans le Ryanair Chase (Gr.2). Si son élevage personnel a continué à sortir d'excellents coursiers en France comme Mater Matuta ou Le Costaud, il ne faut pas oublier que Pierre de Maleissye Melun oeuvre aussi pour une clientèle extérieure. C'est ainsi que le champion en herbe Vauban, impressionnant dans le Triumph Hurdle (Gr.1) la semaine dernière au festival, est né et a grandi jusqu'au sevrage dans ses prairies pour les associés Philippe Decouz et Olivier de Seyssel

 

Vauban lors de son envolée dans le Triumph Hurdle 

 

Pierre de Maleissye Melun explique : " Je m'occupe des produits de Waldfest (la mère de Vauban, ndlr) de la naissance au sevrage, avant qu'ils ne rejoignent le Haras de Maulepaire. C'est une jument dont l'aspect extérieur ne reflète pas la qualité intérieure. Comprenez par là qu'elle n'est pas impressionnante physiquement, mais a un coeur énorme, qu'elle transmet visiblement.". Vauban lui-même n'était pas forcément celui que l'on sortait d'un lot au début : " C'est un poulain qui n'était pas impressionnant à la naissance et dans ses premières semaines, mais il n'a pas fait que progresser physiquement, et s'est constamment amélioré avec le temps. C'était un cheval comme on les aime ! Il y en a certains qui arrachent l'argent de la poche dès la naissance, mais que l'on ne reconnaît pas des mois après. Ce serait prétentieux de dire que ça se voyait qu'il allait devenir bon, mais il a toujours montré énormément de tonicité, sans être énervé. Vauban a toujours eu un excès d'énergie, mais de bonne énergie, raisonnée ! "

 

Après la course avec Thibault de Seyssel, Philippe Decouz et Olivier de Seyssel 

 

Visiblement, le temps a donné raison à Pierre de Maleissye Melun, Philippe Decouz et Olivier de Seyssel, puisque le fils de Galiway est devenu un excellent cheval de plat, capable de gagner listed, avant de se transformer en phénomène des claies irlandaises et anglaises. Willie Mullins et Rich Ricci rêvent d'avoir trouvé avec lui un cheval capable de gagner le Champion Hurdle, mais aussi de participer aux belles épreuves de stayers en plat, comme la Melbourne Cup. A contre-courant des idées commerciales, Philippe Decouz et Olivier de Seyssel envoient cette année sa mère à Masar, un cheval de Derby, pour rester dans cette veine classique. 

 

La bonne Mater Matuta, une jument dont la famille ne cesse de s'illustrer ces derniers temps 

 

Lui qui avait terminé l'année 2021 avec une belle victoire à Auteuil du 3 ans Redneck, Pierre de Maleissye Melun et ses élèves traversent à l'heure actuelle une belle période de forme. Il a gagné vendredi à Toulouse avec Horresco Referens, un poulain co-élevé avec Tamara et Donatien de Beauregard, qui en est l'entraîneur. Il était bien sûr en charge de la bonne Mater Matuta. Cette gagnante du Prix Sytaj est stationnée à l'élevage, et a donné sa première gagnante l'an dernier avec Masked Matuta. Elle a également plusieurs soeurs qui semblent bien produire. Ainsi, Quadriviae est la mère de Politico Demago, qui a fait des débuts victorieux sur les haies de Saint Brieuc le week-end dernier pour la casaque de l'écurie Maleissye. Le poulain a été confié à Guillaume Macaire et Hector de Lageneste.  

 

Zertakt, un espoir français pour l'élevage, qui porte les couleurs de Frank Rodot (photo Robert Polin)

 

C'est aussi le cas de son cousin Zertakt, premier produit de Qualivie, une autre soeur de Mater Matuta. Pierre de Maleissye Melun a fait confiance au fil des années à son père Walzertakt, qui est parti depuis en Angleterre pour faire la monte à Chapel Stud. Le beau Zertakt reste sur deux succès très prometteurs sur les haies toulousaines, et semble avoir un bel avenir en région parisienne. Enfin, Pierre de Maleissye Melun a vu sa casaque briller à Mont de Marsan avec Travel de Belair, un poulain élevé par son ami et sarthois également Alain Grouas, qui en partage la propriété. On reconnaît l'affixe des "De Belair", mis en lumière l'an passé avec Chorail Debelair. Eleveur et propriétaire sur tous les fronts, Pierre de Maleissye Melun connaît donc un mois de mars de haut vol, et comme il le dit : " Si les périodes de forme pouvaient durer autant que celles de méforme, ce serait le pied". Le sens de la formule, encore et toujours !. 


On en parle dans l'article

Voir aussi...

Cheltenham 2022 : Vauban triomphal, la success story continue pour Galiway

Un match à trois s’annonçait dans le Triumph Hurdle, un Gr.1 sur les haies réservé aux 4 ans sur la courte distance de 3200 mètres. L’élève de Philippe Decouz et d’Olivier de Seyssel Vauban affrontait la coalition de Gordon Elliott, composée de Fil Dor et Pied Piper. Le duel a tourné à l’avantage de Vauban qui a fait parler sa classe de plat après le saut de la dernière haie. La success story continue pour Galiway, qui ne cesse de s’illustrer dans les deux disciplines. 

Le poids du temps et des années qui passent ? Sametegal !

Plus vert et frais que jamais du haut de ses 12 ans, et alors qu'il n'avait plus passé le poteau en tête depuis mars 2016, date de sa première victoire de Groupe, le "FR" Sametegal a de nouveau goûté aux joies du succès hier, sur le steeple de Wincnanton, lui dont l'histoire a débuté dans la Sarthe, chez Pierre de Maleissye Melun, qui avait récupéré sa mère, Loya Lescribaa, elle-même issue de la grande souche du béarnais Louis Laffitte.