Prix de Diane : Khalidiya, une digne héritière pour l'Aga Khan et Alain de Royer Dupré ?

18/06/2021 - Grand Destin
Si son palmarès est long comme le bras, le Prix de Diane est une course à part pour Alain de Royer Dupré. Cette année, il se met en quête d'un 7e titre pour les couleurs du prince Aga Khan avec la belle Khalidiya, une pouliche toute neuve au parcours rappelant certaines grandes gagnantes des "vertes et rouges" dans le plus chic des classiques français... Plongeons dans l'histoire du prince avec la mythique épreuve... en partenariat avec France Galop.   

En 2010, le prince Karim Aga Khan et Alain de Royer Dupré soulevaient une 6e coupe dans le Prix de Diane...et de 7 en 2021 avec Khalidiya ? (APRH)

 

" Le Prix de Diane est une vrai sélection d'élevage" disait Alain de Royer Dupré l'an passé avant de présenter Ebaiyra au départ du plus chic et peut-être du plus fameux classique français. Le maître cantilien le sait plus que tout autre entraîneur, puisqu'il travaille en priorité pour un véritable empire de l'élevage, celui du prince Aga Khan. De ce fait, la gestion de carrière des futures poulinières du cheptel "vert et rouge" est devenue l'une des spécialités d'Alain de Royer Dupré, et c'est certainement avec ces dames qu'il a connu ses plus grands succès. Il a évidemment eu sous sa responsabilité de fameux mâles comme Dalakhani, Darshaan, ou encore Daylami en début de carrière, mais d'une manière tout à fait subjective, nous associons Alain de Royer Dupré à de grandes pouliches, et la plus grande des grandes bien sûr, Zarkava... avec qui il avait remporté l'un de ses 6 Prix de Diane ! 

 

Khalidiya, bien née, belle, et visiblement très bonne ! (APRH)


 

 

D'une manière plus générale, Alain de Royer Dupré a toujours eu le Prix de Diane en objectif pour ses meilleures femelles. C'est la consécration pour une pouliche, une manière d'inscrire son nom à tout jamais dans les mémoires. L'épreuve est d'ailleurs le classique qu'il a le plus remporté à égalité avec le Jockey Club. Cette année, si Khalidiya venait à s'imposer, le Diane deviendrait aussi la course de Gr.1 dans laquelle il aura eu le plus de succès, avec le Vermeille et le St Alary... des courses réservées aux femelles ! Fille d'Oasis Dream et de la gagnante de Gr.3 Kataniya, Khalidiya est l'archétype de la bonne pouliche Aga Khan : extrêmement belle, pas précoce, mais pétrie de classe, un atout qui peut palier à toutes les embuches. C'est évidemment un pari osé que tente Alain de Royer Dupré, puisque Khalidiya a seulement 2 courses au compteur. Elle a d'abord débuté 2e de Burgarita, une de ses rivales annoncées dimanche, avant de laisser une sublime impression pour sa 2e course à Longchamp, s'imposant devant Jannah Flower. Cette dernière a depuis remporté une listed en bonne pouliche... Dès lors, il faut tenter le pari, mais s'il y a bien une casaque et un entraînement qui connaît ce genre de grand saut, c'est bien celle du prince Karim Aga Khan et Alain de Royer Dupré ! 

 

Revoir la dernière course de Khalidiya 

 

 

Pour son 4e titre dans le Diane en 1998, Alain de Royer Dupré avait présenté au départ une certaine Zainta, qui après avoir fini 2e en débutant, s'était imposée pour sa 2e course, et avait embrayé directement sur le classique cantilien avec succès... Voila qui rappelle étrangement le parcours de Khalidiya. En 2010, soit le dernier titre d'Alain de Royer Dupré dans la course, la sublime Sarafina était passée directement de son maiden au St Alary, avant de poursuivre sa série dans le Diane. Débuts tardifs ne signifie donc pas que l'on n'est pas capable de prétendre au titre. D'ailleurs, 3 des 6 victoires estampillées "Royer Dupré" dans le Diane ont eu lieu avec des pouliches n'ayant pas couru à 3 ans. Il y a donc eu Zainta et Sarafina, mais aussi Vereva en 1997, qui avait remporté successivement sa course de début à la fin avril, puis le Prix de la Seine (listed) et le Diane. 

 

Shemaka, première gagnante estampillée "Aga Khan / Royer Dupré" dans le Diane, en 1993 sous la selle de Gérald Mossé 

 

Recordman de victoires dans le Prix de Diane, le prince Aga Khan avait aussi vu une de ses fabuleuses pouliches réaliser un pareil exploit, mais cette fois-ci entraînée par Jean-Claude Rouget. Il s'agissait de Valyra, qui avait gagné en avril à Bordeaux, avant de rééditer à Chantilly dans une course à conditions, puis de s'envoler dans le Diane à la surprise générale sous la selle de Johnny Murtagh. Ce jour-là, la favorite Aga Khan se nommait Dalkala, et était entraînée par... Alain de Royer Dupré bien sûr  ! Cette flamboyante victoire était malheureusement la dernière sortie de Valyra, qui s'était accidentée au mois d'août à Deauville... Pour des raisons bien moins tragiques, 5 des 6 gagnantes du Diane d'Alain de Royer Dupré ont fini leur carrière à la fin de leur année de 3 ans. Après tout quand on est un propriétaire/éleveur, que peut-on rêver de mieux qu'un succès dans ce classique pour poursuivre l'héritage ! 

 

Vereva n'avait que 2 courses au compteur avant de remporter le Diane 1997 

 

Ainsi, Shemaka, Vereva, Zainta, Daryaba et la grande Zarkava n'ont pas poursuivi leur carrière à 4 ans. Ce ne fut pas le cas de Sarafina, dernière gagnante en date du Prix de Diane pour Alain de Royer Dupré en 2010. 3e de l'Arc à l'automne, elle allait revenir à 4 ans pour remporter le Grand Prix de Saint Cloud (Gr.1) notamment. Ce n'était pas un feu de paille ! Au haras, toutes ces gagnantes du Diane ont eu des destins divers. Shemaka a eu 12 produits, dont 10 femelles, et 3 gagnantes black-type, la meilleure étant Shemima, double gagnante de Gr.3. Vereva a été très décevante au haras, ne donnant qu'une placée black-type, mais étant la grand-mère de la bonne Verema (gagnante de Gr.2). Zainta a été la première à produire un gagnant de Gr.1.... mais en obstacle ! En effet, elle a donné le triple vainqueur de Gr.1 en haies Zaidpour, mais aussi Zaynar, vainqueur du Triumph Hurdle (Gr.1) à Cheltenham ! Pas le destin que l'on lui prédisait... mais il y a de quoi être fier ! 

 

Zainta, gagnante du Diane 1998, avant de devenir la mère de deux gagnants de Gr.1...en obstacle !

 

Les 3 dernières gagnantes de Prix de Diane d'Alain de Royer Dupré ont fait encore mieux. Daryaba a commencé par donner Daramsar, bon cheval de course, mais étalon calamiteux. Elle s'est surtout illustrée comme la première gagnante du Diane "Aga Khan" à donner un gagnant de Gr.1 en plat, avec Daryakana, qui a remporté une édition d'anthologie du Hong Kong Vase. Elle est ensuite devenue la mère de Dariyan, gagnant du Prix Ganay (Gr.1) et étalon au Aga Khan Studs à Bonneval. Voilà une belle saga d'élevage liée au Diane ! Est venue ensuite la géniale Zarkava, dont les produits ont connu tous les déboires possibles au premier abord. Son premier poulain à fouler une piste n'était autre que Zarak, gagnant du Grand Prix de Saint Cloud (Gr.1) à 4 ans après avoir terminé 2e du Jockey Club d'Almanzor à 3 ans. Il est lui aussi un étalon Aga Khan descendant en droite ligne d'une gagnante du Diane. 

 

Zarkava, l'emblème éternelle de la réussite du prince Aga Khan dans les courses, l'élevage...et le Diane ! (APRH)

 

Quant à Sarafina, elle fait figure d'ovni, puisqu'elle n'a pas entamé sa carrière de poulinière pour son propriétaire/éleveur, mais pour Teruya Yoshida à Shadai Farm ! Elle a de ce fait connu un parcours tout à fait différent à l'élevage, mais aussi couronné de pas mal de succès jusqu'ici. Son premier produit par Deep Impact, Géniale, a commencé sa carrière au Japon, avant de venir gagner le Prix Messidor (Gr.3) à 4 ans sur notre sol. Il est aujourd'hui étalon... en Suède ! Son propre frère né en 2018, Go Timing, a été placé de Gr.3. Est venue ensuite la propre soeur nommée Savarin, qui a été mise chez André Fabre. Elle a remporté le très important Prix des Marettes, puis le Prix d'Aumale (Gr.3). Nous pensions assister à l'éclosion d'une crack, mais des soucis de santé ont donné une autre tournure à sa carrière. Quant au 3 ans de Sarafina, My Precious, fils de Victoire Pisa, il a gagné sa course mais n'est pas encore un cheval de groupe. Rassurez-vous, Sarafina est une jeune maman, et peut encore rejoindre ses illustres compagnes d'élevage et de casaque dans le cercle très fermé des gagnantes de Gr.1 en ayant donné un à leur tour. 

 

Sarafina, la dernière "Diane" d'Alain de Royer Dupré et du prince Aga Khan, en 2010 (APRH)

 

Khalidiya est donc l'héritière d'une longue tradition entre le prince Aga Khan, Alain de Royer Dupré, et le Prix de Diane. A la regarder en action, on se dit qu'elle a la trempe de toutes les fameuses pouliches l'ayant précédée au départ du classique, et cela nous fait bien sûr rêver. La casaque Aga Khan et son histoire avec les courses et l'élevage est un véritable mythe, et connaît qui plus est un sacré regain de forme cette année, avec plusieurs chevaux très intéressants à suivre, notamment chez les 3 ans. Un propriétaire, quand il est aussi éleveur, connaît forcément des passages à vide, mais les grandes souches ne meurent jamais, la preuve. Khalidiya sera donc notre outsider de coeur pour dimanche, car en ces temps incertains, une "Aga Khan" qui gagne le Diane, cela signifierait que tout ne change pas... bien heureusement ! 

 

La sublime Khalidiya...une 8e merveille "verte et rouge" dans le Diane ? Réponse dimanche ! (APRH)


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Disparition du crack Dalakhani, une perle grise de l'Aga Khan

 Epatant dans le Jockey-Club, éblouissant dans l'Arc de Triomphe sous la selle de Christophe Soumillon qui ne lui a jamais donné un seul coup de cravache, le crack de l'Aga Khan Dalakhani s'est éteint à l'âge de 21 ans. Avec son action majestueuse, son allure princière, son tempérament exceptionnel, chouchou des médias entrainé par Alain de Royer-Dupré, il restera dans les mémoires de tous ceux qui ont eu la chance de le voir courir. Pour le plaisir, revoyez son Arc 2003.