Ine Anjou, le conte de fée de Mathias Solier

09/04/2022 - Actualités
Alors que tout le monde voyait la victoire d’Hawai du Berlais, c’est finalement la nouvelle venue dans les Groupes Ine Anjou qui s’est adjugée à la manière des forts le Prix de Pepinvast, un Gr.3 pour 4 ans sur les haies. Le fille de Balko permet à son jeune entraîneur, ancien jockey d’obstacle, de remporter son premier Groupe, lui qui s’est installé entraîneur particulier pour l’écurie Mustang SARL depuis fin août seulement.

 Ine Anjou affrontait la redoutable Hawai du Berlais ©APRH

 

Toute la semaine qui a précédé ce Prix de Pepinvast (Gr.3), les amateurs des courses d’obstacle attendaient cette course avec impatience, car elle allait nous offrir un superbe duel entre Kyrov et Hawai du Berlais. Seulement vendredi, François Nicolle n’a pas déclaré partant son champion, laissant au papier la voie libre pour la pouliche d’Arnaud Chaillé-Chaillé. Proposée à 1,1/1 à l’ouverture, Hawai du Berlais à toutefois dû s’avouer vaincu face à une nouvelle venue à ce niveau, la pouliche Ine Anjou. Avec seulement 3 courses au compteur, cette dernière découvrait le plus haut niveau pour la première fois, elle qui restait sur une bonne 2e place dans le Prix Ventriloque. Partie en tête sous la selle d’Olivier Jouin, la fille de Balko a placé un uppercut à ses rivaux entrée de ligne droite et résistera au bon retour de la favorite.
 
 
    Sur le plat Ine Anjou fait parler la classe et resiste à la favorite ©APRH
 
 
Installé entraîneur depuis seulement la fin aout 2021, Mathias Solier vit un rêve ici en remportant une épreuve de Groupe. Contacté par téléphone, le jeune homme basé à Vern d’Anjou nous a raconté : « la pouliche a fait une bonne rentrée en dernier lieu, mais elle avait besoin de ça. Aujourd’hui c’était un test contre les bons. J’étais confiant pour prendre un chèque, car je savais qu’elle allait bien dans le lourd. Je n’avais pas donné d’ordre à Olivier, à part de durcir entrée de la dernière ligne droite. »  Concernant la suite du programme d’Ine Anjou « C’est elle qui va nous dire désormais, nous ne voulons pas forcer car elle ne semble pas finie physiquement. Elle ne semble pas avoir pris dur aujourd’hui. Si elle reste bien nous allons aller directement sur le Gr. 1. Elle a une belle carrière devant elle notamment au deuxième semestre vu qu’elle aime le lourd. »
 
 
Mathias Solier (à la tête de la pouliche), Olivier Jouin et Jérôme Duchêne (avec le trophée) ©APRH
 
 
Ancien jockey d’obstacle, Mathias Solier a travaillé après avoir raccroché les bottes, durant 5 ans chez Nicolas Devilder, puis 2 ans chez Jérôme Delaunay. « Quand Jérôme Duchêne a su que je voulais passer ma licence d’entraîneur, il m’a demandé que je devienne entraîneur particulier pour Mustang SARL. J’ai accepté car c’était une sécurité, je savais que j’allais avoir tout de suite des chevaux. Où je suis, j’ai une quinzaine de boxes, mais mes chevaux sont dehors toute l’année, comme les trotteurs. » Quand on lui demande s’il voudrait à l’avenir s’ouvrir à des clients extérieurs, Mathias nous répond « Jérôme Duchêne et son associé Laurent Boullé souhaitent porter leur effectif à 30 chevaux. Ils ont notamment investi dans des poulinières, et en compte maintenant 6 ou 7. »  
 
 
 
Mathias Solier paré de la casaque de Philippe Peltier, son ancien patron ©APRH
 
 
Malgré son nom, Ine Anjou n’est pas née dans le 49, mais dans le département voisin de la Loire Atlantique. Élevée par Gildas Vaillant (qui a notamment fait naître la crack Princesse d’Anjou), Ine Anjou est une fille de la valeur sûre Balko et de Line Garry. Cette dernière n’est autre que l’unique produit de la championne Line Marine qui avait remporté le Prix Renaud du Vivier (Gr.1) et surtout le Grand Steeple Chase de Paris (Gr.1) avec Christophe Pieux. Line Garry n’a jamais couru et a été acquise seulement 11 000€ à la vente d’élevage Arqana par Gildas Vaillant. Une affaire en or après coup quand on voit qu’elle a produit l’excellent Saint Anjou (Grand Steeple de Bordeaux L. et plus de 450 000€ de gains), et maintenant Ine Anjou qui ne devrait pas en rester là. 
 
 
   Line Marine, la grand-mère d'Ine Anjou ©APRH 

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