Victoria Mota, une femme qui bouscule les codes au Brésil

13/01/2026 - Actualités
Née dans une famille de chevaux, Victoria Mota a rapidement tracé sa route dans un univers encore largement masculin. Jockey de talent devenue entraîneur, elle incarne aujourd’hui une figure à part des courses brésiliennes.

 Victoria Mota, désormais une figure incontournable des courses brésiliennes

 
Dans le paysage encore très masculin des courses hippiques sud-américaines, le nom de Victoria Mota s’est imposé au fil des années comme une évidence et, surtout, comme une exception. Elle n’est pas tombée dans l’univers des courses par hasard : elle est née au cœur de la culture hippique brésilienne, au sein d’une famille entièrement dévouée aux chevaux. Son grand-père était entraîneur, tandis que son père, Alex, était lui-même un crack jockey local. C’est donc naturellement que la jeune femme décide d’embrasser une carrière de jockey. Cependant, lorsqu’à l’âge de 16 ans elle l’annonce à ses parents, ces derniers ne sont pas enchantés par cette idée. Son père lui déconseille d’emprunter cette voie où la compétition fait rage et où peu réussissent sur le long terme. Sa mère lui répond spontanément : « Victoria, tu es folle ! ». Malgré ces réactions, l’adolescente est déterminée et rien ne lui fera changer d’avis. C’est ainsi qu’elle intègre l’école de formation des jockeys du Jockey Club Brasileiro.
 
 
 
 
 
À 17 ans, elle passe le poteau en tête dès ses grands débuts sur l’hippodrome de Gávea avec Afectuoso, un cheval entraîné par son grand-père, Odir Jorge Menezes Dias. Profitant de sa décharge, Victoria est rapidement très demandée par les entraîneurs de Rio de Janeiro et enchaîne les succès. Sa réussite lui permet même, à la fin de sa première saison en selle, de monter régulièrement pour le Stud BL, l’une des plus grosses écuries du pays. Dès sa première année, elle perd sa décharge et, à 19 ans, elle totalise déjà plus de 160 victoires. Symbole de cette réussite, en 2024, elle est invitée à participer à l’International Jockeys Championship à Riyad, en Arabie Saoudite. Elle conclut même troisième de cette compétition, remportée cette année-là par une autre femme, la Française Maryline Eon.
 
 
 
 
 
Mais Victoria Mota ne s’est pas limitée à son rôle de jockey. Animée par une vision globale des courses, elle est, en parallèle de son métier de jockey, devenue entraîneur. Une transition rarement simple, encore moins pour une femme au Brésil. Aujourd’hui, elle est la seule femme entraîneur à Rio, place centrale des courses locales. Récemment devenue mère, Victoria a mis temporairement sa carrière de jockey entre parenthèses. Si, après son accouchement, elle s’est vite remise en selle à l’entraînement le matin, l’après-midi, c’est son mari, le top jockey Leandro Henrique, qui se charge de monter ses pensionnaires.
 
Parallèlement à son rôle sur les pistes, Victoria Mota est devenue une figure d’influence majeure sur les réseaux sociaux. Avec près de 50 000 abonnés sur Instagram, elle partage son quotidien, entre entraînement des chevaux, maternité et prises de parole engagées. Dans un pays encore profondément patriarcal, elle utilise cette visibilité pour inspirer et encourager d’autres femmes à oser, à s’imposer et à croire en leur légitimité dans le monde des courses.

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