Brereton C. Jones, le gouverneur/éleveur qui a façonné le Kentucky

08/01/2026 - Focus Elevage
Figure majeure des courses américaines, Brereton C. Jones aura profondément marqué le Kentucky, aussi bien par son action publique que par son œuvre d’éleveur. Décédé en 2023, l’homme d’Airdrie Stud laisse un héritage toujours bien vivant. Deux ans après sa disparition, son influence sur l’élevage américain demeure considérable.

 Brereton Jones a énormement oeuvré pour le Kentucky


Né le 27 juin 1939 à Gallipolis, dans l’Ohio, Brereton Jones grandit dans une ferme laitière en Virginie-Occidentale, où il s’est très tôt impliqué auprès des chevaux et de la culture cowboy. Avant de s’installer dans le Kentucky, Jones s’est engagé en politique en Virginie-Occidentale, devenant à seulement 25 ans le plus jeune membre élu de la Chambre des délégués de cet État, sous la bannière républicaine. Il a ensuite poursuivi une carrière politique active dans le Kentucky, devenant lieutenant-gouverneur en 1987, puis gouverneur en 1991.
 
Jones réalisa que l’industrie du cheval, malgré son poids économique considérable dans l’État, disposait d’une capacité de lobbying limitée, en raison des querelles internes et de divisions au sein de l’industrie. Il mit en place des programmes de primes destinées aux éleveurs et aux étalonniers, en créant des structures de paris hors hippodrome afin d’en assurer le financement. Il tirait une fierté particulière d’avoir transformé un déficit budgétaire de 400 millions de dollars à son arrivée au pouvoir en un excédent de 300 millions de dollars lorsqu’il quitta ses fonctions quatre ans plus tard.
 
 
Airdrie Stud, le haras développé par Jones
 
 
En parallèle de sa carrière politique, Jones connut une grande réussite en tant qu’éleveur. Sous son impulsion, Airdrie Stud passa de 140 hectares en 1970 à plus de 1 000 hectares. Particulièrement réputé pour son affection pour les pouliches et les juments, il remporta les Kentucky Oaks à trois reprises, avec Proud Spell en 2008, Believe You Can en 2012 et Lovely Maria en 2015, cette dernière étant une fille de Majesticperfection, un étalon autrefois stationné à Airdrie. Jones gérait une jumenterie bien plus importante que celle de nombreux voisins, avec souvent près de 200 juments dans les prés. Il aimait se rendre aux ventes d’élevage et acheter des juments sur des coups de tête. Là où certains privilégiaient une sélection extrême, Jones favorisait la théorie du nombre : plus de juments, plus de chances de produire un champion.
 
Deux ans après sa disparition, les résultats continuent de parler pour lui. En 2025, seule la superpuissance Godolphin le devance au classement des éleveurs. En piste, ses élèves ont amassé près de 11 millions de dollars de gains. Au total, Jones a élevé une trentaine de vainqueurs de Gr.1, dont Caressing, brillante dans la Breeders’ Cup Juvenile 2000 à Churchill Downs, au Kentucky. Breeders’ Cup qu’il a soutenue depuis sa création au milieu des années 1980.
 
 
Caressing lors de son sacre dans la Breeders' Cup

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