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Le Grand National de Liverpool pour Pineau de Ré, un fils de Maresca Sorrento élevé sur l'Ile de Ré !

05/04/2014 - Focus éleveurs
Fils de Maresca Sorrento élevé par Michel Hardy sur l'Ile de Ré, acheté à l'amiable aux ventes montés de Saint-Cloud où il était associé à un gosse nommé David Cottin, Pineau de Ré est entré dans l'histoire en gagnant le Grand National de Liverpool 2014 à Aintree. LIRE LA VRAIE HISTOIRE et VOIR LA COURSE.

Pineau de Ré, un AQPS  fils de Maresca Sorrento élevé sur l'Ile de Ré par Michel Hardy gagne le Grand National de Liverpool 2014.

 

Lorsque Mon Môme a gagné le Grand National 2009, il mettait un terme à 100 ans d'échecs français à Aintree, tout juste un siècle après le succès de Lutteur III en 1909. Cinq ans plus tard, il est imité par Pineau de Ré, lui aussi un AQPS, également outsider à 30/1, qui s'impose à l'âge de 11 ans dans le course de chevaux la plus célèbre du monde. Il consacre la passion d'un homme qui a pratiquement cessé son activité, Michel Hardy, et qui obtient enfin la consécration après 40 ans d'effort alors que la gloire lui a plusieurs fois échappé de peu. Par ailleurs, ce Pineau met une nouvelle fois en lumière le travail de Nelly et Pierre de la Guillonnière, amis proches de Michel Hardy depuis des décennies. Ainsi, dans la foulée du Gr.1 irlandais de leur élève Trifolium, et quelques jours après le succès fracassant dans le Prix Hypothèse à Auteuil de leur autre élève Un de Sceaux, issu de leur étalon personnel Denham Red, le couple à la tête du Haras de la Rousselière en Anjou marque à nouveau l'actualité. Ils ont possédé la grand-mère de Pineau de Ré, ont conçu la mère avec leur étalon Abdonski, resté célèbre pour avoir fait gagné son 1e tiercé à une femme jockey, la mémorable Darry Boutboul, et le champion lui-même avec Maresca Sorrento, ce dernier ayant été placé en 2014 au Haras du Lion qu'ils ont repris avec l'Ecurie des Mottes en début de saison. Auteur de Pineau de Ré, Maresca Sorrento (Cadoudal) retrouve une tête de file dès le lendemain de la tendinite subie par son porte-drapeau Farlow des Mottes.

 

Pierre de la Guillonnière avec Maresca Sorrento

 

Michel Hardy, ex-dirigeant d'entreprise d'outillage et de bâtiment, aujourd'hui retraité en Charente, voit son rêve hippique enfin acccompli. Héritier d'un château à Martigné dans le Haut-Anjou, il a entrainé lui-même entre 1970 et 1981, avec un certain Alain de Royer-Dupré, duquel il est toujours resté proche. " J'ai eu mon premier cheval en association avec Alain. J'ai eu un bon cheval en obstacle qui s'appelait Conquérant. Et je me rappelle comme hier de ma 1e victoire en plat, en janvier 1978 à Pornichet avec un 2 ans débutant qui s'appelait Le Cam. C'était le tout 1e cheval élevé par Joël Poirier, qui est toujours un grand ami. C'était un réclamer, le cheval était tout petit et on était tellement surpris d'avoir gagné qu'on en avait oublié d'inscrire notre nom sur le bulletin pour le défendre et nous sommes revenus à vide ! A cette époque, j'avais fait acheté une jument AQPS, Djoumi, de l'origine de Marcel Callier dans le Centre, au Colonel Baggio. J'avais un accord avec lui : il me payait pension pour l'élevage et j'achetais les poulains corrects au sevrage. Mais quand j'ai été obligé de raccrocher en 1982, j'ai du revendre le 1e produit à 2 ans à Philippe Lamotte d'Argy. C'était Otage du Perche, qui a ensuite gagné le Grand Steepe-Chase de Paris ! "

 

Michel Hardy (au milieu), lors d'un jour de gloire à Auteuil en 1977, quand son pensionnaire Arin Arin, élevé par le Comte Bertrand de Tarragon, s'impose en débutant par 20 longueurs dans une course de haies de 3 ans.

 

Michel Hardy venait donc de passer à côté de graal, à un ou deux ans près. Par la suite, la descendance de Djoumi (Vieux Château et Loyola II par Vermeil) a continué de faire florès pour Jean-Claude Evain grâce à son 3e produit, Quina du Perche, elle-même une championne du cross à l'origine de nombreuses vedettes dont Lord Carmont et Toutancarmont. Michel Hardy a pu récupérer cette fameuse Djoumi ensuite, après la mort du Colonel Baggio, mais là rien n'allait plus, les désillusions sont enchainées et la source aux miracles semblait tarie au point qu'aucun des 6 produits suivants ne parvient à gagner une course. Il doit vendre des filles de Djoumi. Baraka du Perche donne les bons Rev d'Arc et Terry d'Arc chez les Terrière. Quand à Casaque du Perche (Abdonski), elle fait encore mieux avec l'excellent Raphy de la Roche chez Mme Jomain. Mais pour Michel Hardy, toujours aucun fruit ! "J'ai vendu une autre soeur, Ut du Perche, à Pierre de la Guillonnière après son 1e produit, Elfe du Perche, mais le pauvre a subi tous les malheurs du monde avec cette poulinière." Doté d'une infinie patience et croyant toujours en sa souche, Michel Hardy garde Elfe du Perche à l'élevage dans son château de Martigné qu'il possède toujours et a légué à son fils Philippe, après qu'elle eut pris des places en obstacle chez François Nicolle. Les choses s'arrangent car les 2 premiers produits gagnent. Mais la récompense à 4 décennies de patience viendra avec le 3e produit par Maresca Sorrento, Pineau de Ré.

 

Michel Hardy avec l'un des bons pensionnaires, Conquérant.

 

" Pineau a été élevé à Martigné puis sur l'Ile de Ré où je travaillais. Je l'y ai aussi débourré et pré-entrainé dans ma structure sur l'Ile. Je l'ai présenté aux ventes montés de Saint-Cloud à l'âge de 3 ans. Je me rappelle qu'il avait fait le meilleur temps de 500 derniers mètres, parmi tous les chevaux présentés. Il avait alors tapé dans l'oeil d'un groupe d'irlandais qui me l'ont acheté ensuite à l'amiable pour 20.000 €. Le cheval, d'un naturel très gentil, était assez bien mis mais je n'avais pas de pilote en arrivant. J'ai trouvé sur place un gamin qui n'avait pas encore sa licence. C'était David Cottin...En descendant du cheval, il m'en avait fait des louanges et je lui avais donné très généreusement un billet de 50 euros, ce dont il m'a longtemps remercié ensuite. Aujourd'hui, je lui donnerais plus !"

 

 

Enfin, Michel Hardy touche le parctole, car avant l'exploit du Grand National, Pineau de Ré avait fait une excellente carrière avec notamment une 2e place de Gr.1. " J'ai repris 2 juments de l'origine que j'ai placé à côté de chez moi, à Macqueville (17) chez une anglaise, Josephine Sharp. Il s'agit de la propre soeur de Pineau de Ré nommée Tagada de Ré, restée inédite, et d'une nièce nommée Tosca de Ré, également par Maresca Sorrento, qui a eu un problème de genou."

 

 


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