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Le Carlos Pellegrini 2017 pour un fils d'Hurricane Cat, un exploit de 99 ans

19/12/2017 - Grands destins
Considéré comme l’Arc de Triomphe Argentin, le Gran Premio Carlos Pelligrini 2017 a été remporté par Puerto Escondido, un fils de Hurricane Cat, ex-étalon au Haras de la Haie Neuve. Outre le cas de Sulamani, le père de Going Somewhere, cela faisait 99 années qu’un étalon ayant officié en France n’avait plus remporté cette course mythique.
Voir le Gran Premio Carlos Pellegrini 2017 et la victoire écrasante de Puerto Escondido
 
 
Il faut remonter à l’édition 1918 du Gran Premio Carlos Pellegrini pour retrouver à son palmarès de Le Samaritain, le père du gagnant Grey Fox. Le Samaritain a été le seul étalon à avoir fait la monte en France puis en Argentine avant d’y donner un gagnant du Carlos Pelligrini depuis Hurricane Cat, c’est dire l’exploit qu’a réalisé le fils de Storm Cat.
 
C’est après une carrière couronnée d’un succès de Gr.3 à 2 ans chez Aidan O’Brien que Hurricane Cat entre directement étalon au Haras de la Haie Neuve en Bretagne recruté par Alain Regnier. Il faut dire que Hurricane Cat est né dans la pourpre. Si son père Storm Cat a longtemps été l’étalon le plus cher au monde, ses deux premières mères ont gagné à elles deux réunies pas moins de 11 Gr.1 dont 9 pour Sky Beauty (Blushing Groom), la mère d’Hurricane Cat.
 
Même s’il devient en France le père d’Extrême Cara (Prix Cambacérès Gr.1) ou encore des Bodhi et Vizir Bere (Gr.3), Hurricane Cat produit beaucoup mieux dans l’hémisphère sud en Argentine. Il y enchaîne les tops prices aux ventes Bullrich. Stationné au Haras El Mallin en partenariat avec La Vacacion, Hurricane Cat change de propriétaire en décembre 2016. Le cheval ne reviendra plus en France. Ses derniers poulains sont nés en 2017, 10 ans après ses débuts d’étalon en 2007, année durant laquelle il avait sailli 90 juments. Très régulier, Hurricane Cat avait encore sailli 73 juments en 2016 au Haras de la Haie Neuve. En Argentine, il a sailli en moyenne plus de 120 juments par an. Le Haras El Mallin est l’éleveur de Puerto Escondido ainsi que d’un autre fils d’Hurricane Cat gagnant de Gr.1 cette année et de 4 Gr.2. Son nom El Benicio.
 
 
Hurricane Cat au Haras El Mallin
 
 
Pour être précis, signalons que deux "FR" ont été responsables de deux gagnants du Carlos Pellegrini ces denrières années. En 2013, l’ex Lagardère Val Royal, qui n’a pourtant jamais fait la monte en France, a donné le gagnant Soy Carambolo. Une année plus tôt, Sulamani, qui avait stationné 3 ans au Haras du Logis de 2008 à 2010, a donné le vainqueur Going Somewhere. Ce dernier a ensuite émigré en France. Son propriétaire Benjamin Steinbruch l’avait placé chez David Smaga en réalisant deux belles années sur notre sol et en prenant entre autre une 2e place dans le Royal Oak.
 
 
L'ex Président Carlos Pellegrini a fondé le Jockey-Club Argentin le 15 avril 1882
 
 
Remontons maintenant le temps pour pointer ensemble les vainqueurs du Gran Premio Carlos Pellegrini issus de chevaux "FR"
On commence en 1981. I’m Glad, un fils de Liloy remporte le Carlos Pellegrini. Elevé par Daniel Wildenstein, ce fils de Bold Bidder a gagné le Prix Quincey (Gr.3) à 3 ans puis s’est placé 2e du Prix du Muguet (Gr.3) l’année suivante. A 5 ans en 1976, il est acheté pour l’Argentine pour y devenir étalon après une victoire dans le Prix d’Harcourt (Gr.2).
 
En 1961, Arturo A gagne la course pour son père Argur. Ce fils de Djebel élevé par Marcel Boussac, frère de Cuadrilla, une placée du Jacques Le Marois, a lui aussi directement été exporté en Argentine pour y devenir étalon après une carrière sur les pistes en Europe. A 3 ans, Argur se place 3e des 2000 Guinéas puis remporte les Eclipse Stakes l’année suivante en 1953 ainsi que les Queen Anne Stakes. En 1961, il a été sacré champion sire en Argentine puis 2e au même classement l’année suivante. Près de 10 ans plus tard, il a également intégré le top 10 des meilleurs pères de mères en Argentine.
 
Cruz Montiel remporte le Carlos Pellegrini à 4 ans en 1949 un an après son succès dans le Gran Premio del Jockey-Club. Il a été élevé au Haras Argentino où stationnait son père Fox Cub, un "FR" né en 1936. 4 ans plus tard, ce fils de Foxhunter est exporté en Argentine où il sera numéro un des étalons en 1949 et dauphin dans ce classement en 1948. Dorina, la mère de Fox Cub avait remporté le Prix de Diane 1926. 2e de la Poule d’Essai, elle a surtout été la dauphine de Biribi dans la 7e édition du Prix de l’Arc de Triomphe à 3 ans. Et revient très vite à l’Argentine puisque Biribi avait été vendu yearling (80.000F) par Jean Stern à l’argentin Simon Guthmann.
 
Tiny (1919) et Irigoyen (1914), deux fils de Jardy et Ocurrencia (1915) signé Val d’Or
Lauréat de la 39e édition des Middle Park Stakes en 1904 pour son éleveur Edmond Blanc, Jardy a gagné à 3 ans les Prix Daru et Noailles. Il est parti en Argentine à l’âge de 4 ans pour y débuter directement sa carrière d’étalon au Haras Los Cardos, l’éleveur d’Irigoyen.
 
 
Jardy, père de deux lauréats du "Carlos Pellegrini", un ancien représentant d'Edmond Blanc gagnant à 2 ans des Middle Park Stakes
 
 
Comme Jardy, Val d’Or est un fils du champion Flying Fox. Les deux sont nés la même année, en 1902, et ont été élevés ensemble par Edmond Blanc. A la différence de Jardy, Val d’Or est resté en France pour gagner son Gr.1 à 2 ans, le Grand Critérium tombe ainsi dans son escarcelle ainsi que le Critérium de Maisons-Laffitte ainsi que plus tard la Poule d’Essai et les Eclipse Stakes sous l’entraînement de Robert Denman, qui aujourd’hui encore est l’entraîneur le plus titré dans la Poule d’Essai des Poulains grâce à 11 succès étendus de 1883 à 1926. Acheté à 4 ans par Saturnino Unzue du Haras San Jacinto en Argentine pour l’équivalent de $150,000 (650.000F), Val d’Or meurt à 23 ans.
 
1918 est l’année de Grey Fox qui remporte le Carlos Pellegrini pour l’entraînement de Juan Torteloro et la monte de son frère Domingo. Il fera ensuite le chemin inverse de ses parents. Grey Fox part en 1920 en Angleterre et arrive en 1924 en France. Son père Le Samaritain était né en France en 1895. Elevé par le Baron Arthur de Schikler qui le vendra ensuite au Comte Foy puis à Carlos Reyles, Le Samaritain avait enlevé le Grand Prix de Deauville, le Prix Daru, Guiche ainsi que le Saint-Léger français à 3 ans. Il a entre autre officié comme étalon au Haras de Barbeville chez le Comte Foy en 1907 avant d’être exporté en Uruguay puis en Argentine dès 1910.
 
 
La brochure publicitaire d'époque de Grey Fox
 
 
Si le père de Grey Fox était français, sa mère le fut également. En effet, Dancing Fox était née sur notre sol en 1902 pour le compte de l’argentin Satunino J. Unzué. A l’image de Le Samaritain, elle a, elle aussi appartenu à Carlos Reyles puis a changé à plusieurs reprises de propriétaires. Dancing Fox a ainsi appartenu à Miguel Alfredo Martinez de Hoz, cousin du père d’Esmeralda de Tracy, ancien propriétaire de Chapadmalal, sur plus de 20000 hectares, un domaine qu’il a ensuite transmis à ses enfants dont José Alfredo Martinez de Hoz, lui-même le père de José Alfredo Junior, trois fois ministre de l’Economie dans les années 60 puis 80 en Argentine.
 
Notes :
- La famille Martinez de Hoz est une grande famille d’éleveurs en Argentine. Edouard Martinez de Hoz, le grand-père d’Esmeralda de Tracy a été Président du Jockey-Club Argentin et a la particularité de n’avoir élevé qu’en France.
- José Alfredo Junior a été marié à Elvira Bullrich, elle aussi issue d’une grande famille de Buenos Aires. Antonio Bullrich est aujourd’hui propriétaire du Haras El Mallin, l’éleveur de Puerto Escondido et propriétaire de Hurricane Cat.
- Il existait deux poulains nommés Le Samaritain. Tous deux étaient des fils de Le Sancy nés à 2 ans d’intervalle en 1893 et 1895.
 
Grey Fox peut se targuer d’avoir été le seul cheval à battre le champion du début de l’ancien siècle, Botafogo. Ce dernier avait remporté le Carlos Pellegrini en 1917 avant d’être le dauphin de Grey Fox dans l’édition 1918. Son père Old Man avait été le 3e cheval de l’histoire des courses argentines à remporter à deux reprises le Carlos Pellegrini mais le premier deux années de suite en 1904 et 1905.
 
1895 est l’année de Massena, un argentin issu de parents français. Son père Acheron, un ancien représentant d’Auguste Lupin a été exporté en Argentine à 5 ans. Sa mère Belle Fille est partie dans l’hémisphère sud dès l’âge de 2 ans en 1889.
 
Athos, la patte Ephrussi
Finissons notre tour des gagnants du Carlos Pellegrini issus de "FR" avec Athos. Ce poulain a un destin particulier puisqu’il est le premier cheval a réalisé le doublé dans l’Arc Argentin, en l’occurrence en 1890 et 1892. Il est également le seul cheval né et élevé en France à avoir gagné la course mythique argentine. Athos a en effet vu le jour dans l’hexagone. Il a été élevé par Michel Ephrussi issu d’une famille de banquiers originaires de Russie. Son frère Maurice, cadet de la fratrie et futur mari de Béatrice de Rothschild à qui l’on doit entre autre une magnifique villa léguée à l’Institut de France à Saint-Jean-Cap-Ferrat, et lui sont très impliqués dans l’élevage. Après avoir loué des terres au Haras du Mandinet (relire l’article) ou encore au Haras du Gazon en Normandie, Maurice Ephrussi a fondé en 1903 le Haras de Fresnay le Buffard puis le Haras de Reux 10 ans plus tard.
 
Son frère Michel, l’éleveur d’Athos, a connu de belles réussites sur les pistes. En 1905, soit 9 ans avant sa mort, son champion Finasseur gagna le Prix du Jockey-Club, le Grand Prix de Bruxelles, le Grand Prix de Paris, le Prix du Président de la République. Michel Ephrussi comptait également 4 victoires de Poules d’Essais (2 chez les pouliches, 2 chez les mâles), 3 succès dans le Diane, 3 autres dans le Royal-Oak, etc…
Athos avait commencé sa carrière de cheval de courses sous les couleurs de son éleveur. En 1888, il enlève le Prix du Prince d’Orange puis le Prix du Printemps un an plus tard. Il s’envole dans la foulée pour l’Argentine et est renommé Athos II. Athalie, la mère d’Athos sera ensuite achetée par la Comtesse Le Marois.

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