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Haras du Lion d'Angers : lancement vers une 2e vie avec la Rousselière et les Mottes

19/07/2013 - Focus éleveurs
Epilogue d'une histoire à rebondissement, le site du Haras National du Lion d'Angers a trouvé son repreneur à partir de 2014 : le Haras de la Rousselière (Nelly et Pierre de la Guillonnière) et l'Ecurie des Mottes (Famille Poirier) s'associe pour prendre les rênes du Haras du Lion !

" Nous avons grandi avec le Haras du Lion, il était inenvisageable que le site ferme, et en même temps, il fallait lui donner un avenir aussi ambitieux que perenne en conservant l'âme et la vocation des lieux ". c'est ainsi que Nelly de la Guillonnière donne l'esprit de la reprise. Ainsi, le duo local du Haras de la Rousselière (à Soulaire-et-Bourg) et de l'Ecurie des Mottes (à Soucelles) qui travaille ensemble déjà depuis plus de 20 ans, va redonner une 2e vie au Haras du Lion, après la grande histoire qu'il a connu sous l'égide des Haras Nationaux. C'est le terme d'un long processus, assez complexe.

Tout le monde sait depuis des années désormais que les Haras Nationaux mettent à terme à leur activité d'étalonnage, mais chacun s'en préoccupe avec un empressement inégal... Ces deux dernières années, de nombreux sites ont trouvé des repreneurs sous diverses formes, privées, coopératives, ou mixtes, comme respectivement à Pau, Pompadour, Cercy, Corlay ou Tréban, mais en 2013 restaient en chantier les 2 grandes entités historiques du Pin et du Lion d'Angers. Pour le 1e cas, un projet collectif multirace tient la corde parmi les 4 dossiers déposés. Au Lion d'Angers, alors que le cahier des charges a été rendu public par les Haras Nationaux le 30 janvier 2013 (LIRE LE CAHIER DES CHARGES DÉTAILLÉ), et que l'urgence de la reprise n'était un secret pour personne, les choses ont été différentes.

 

La cour d'étalons du Haras du Lion d'Angers va connaître une 2e vie dès la saison prochaine. (Photos BRIENS)

 

 

Une très belle mariée

 

Un très surprenant calme, trop plat, contrastant notamment avec l'énergie déployée à Cercy dès 2010 autour de Jacques Cyprès, a laissé glisser la situation, jusqu'à l'arrivée de la date butoir au printemps 2013. Le site, crée au début des années 1970 pour remplacer le Haras National du centre ville d'Angers, est vaste, splendide, remarquablement équipé, placé dans un lieu stratégique et extrêmement vivant avec l'hippodrome voisin, les ventes Osarus, le Show AQPS, le Salon des Etalons (sans compter les activités de sports équestres dont le fameux mondial du Lion). Il présente des atouts évidents, mais la mariée était tellement belle qu'elle semblait intimider les candidats, tant privées qu'associatifs ou institutionnels.

 

Le Haras du Lion d'Angers a été crée au début des années 70 sur le parc de l'Isle-Briand jouxtant l'hippodrome, afin de remplacer le Haras National situé en plein centre-ville à côté de la gare.
 

Les installations louées au Conseil Général, et le personnel de terrain déjà en place


Et finalement, un unique projet a été déposé au Conseil Général du Maine-et-Loire, qui est propriétaire à 100% des installations. Ainsi, la Rousselière et les Mottes, éleveurs en 2013 respectivement d'Urticaire et Farlow des Mottes, loueront une partie du site, c'est à dire les installations d'étalonnage, de poulinage et d'accueil des poulinières, donc des boxes, la manège de monte, près de 40 hectares de paddocks avec divers hangars et matériels, pour les 6 mois de la période de saillie, entre mi-janvier et mi-juillet. Pour toute la logistique, ils s'appuieront sur l'équipe très confirmée déjà sur place sous la responsabilité de Damien Souchet, composée de 4 personnes qui ne cachent pas leur satisfaction de pouvoir continuer un travail auquel ils sont dévoués corps et âme. L'alimentation sera assurée par Dynavena. Le responsable commercial des saillies sera François Thomas, un angevin bien connu du sérail.

 
 

Le nouveau Haras du Lion bénéficiera pendant 6 mois par an de toutes les installations nécessaires déjà présentes actuellement, et aussi du personnel qualifié de terrain sous la responsablité de Damien Souchet.



" Tout l'hiver, nous avons beaucoup réfléchi aux diverses solutions de reprise, associatif, coopérative, privé, ou mixtemais sans vouloir s'appuyer sur un système institutionnel ou subventionné pour assurer une pérennité et une volonté d'action"' , poursuit Nelly de la Guillonnière. " Le modèle coopératif de Corlay ou Cercy, très efficace pour ces 2 cas, ne nous semblait pas applicable, compte-tenu du paysage particulier de l''élevage régional, car celui-ci est très varié et dispersé. C'est ce qui fait sa richesse et sa vivacité, mais cela a pour revers de la médaille des difficultés de gestion collective." D'ailleurs, juste avant la date limite officielle de dépot du dossier, fin mai, une suggestion collectiviste a été lancée par Philippe Foucher, secrétaire du Conseil des Equidés des Pays de Loire, habitant à quelques kilomètres du Lion d'Angers. Mais celle-ci est retombée faute de soutien après 2 réunions qui n'ont eu aucune conclusion concrète. Cela a néanmoins retardé d'un mois le dépôt (initialement prévu le 30 avril) du dossier déjà construit avec l'appui comptable d'Equicer, et finalement retenu par le Conseil Général. En effet, ces initiateurs, dont Yann Poirier (Ecurie des Mottes), président de l'Association des AQPS de l'Ouest (dont l'ensemble du comité, depuis avril, ne souhaitant pas ni investir financièrement ni soutenir politiquement l'un des 2 projets, et encore moins se retrouver contre son gré toute seule avec ce gros bébé sur les bras, avait décidé par vote de rester neutre), avaient choisi de laisser la place à un projet collectiviste s'il en était un de construit. Mais cela en est resté au stade de la fumée sans feu.

 

Nelly de la Guillonnière, initiatrice du projet de reprise du Lion d'Angers.



Le cahier des charges a été étudié par les 2 associés, qui ont décidé de ne pas demander de conditions de paiement décalé des locations et du personnel de l'IFCE auprès du Conseil Général, et fournissent un investissement de 150.000 € pour démarrer la 1e année dans des conditions financièrement saines. " Bien au delà d'un simple but de sauvegarde, nous sommes dans un esprit de construction. Nous croyons aux courses françaises et en l'élevage dans le Grand Ouest. C'est pourquoi nous décidons d'investir et de créer. Nous planifions de stationner 4 à 5 étalons pur-sang, dans des gammes de prix de 1500 € à 4500 €, de façon à continuer à fournir à nos éleveurs des étalons de qualité à des tarifs abordables, poursuivant la mission historique du lieu, tout en proposant aussi des reproducteurs de gamme haute. Nous cherchons à construire un parc étalon varié et polyvalent, comme l'est l'élevage en France en général et dans l'Ouest en particulier."

 

Etalon d'obstacle parmi les meilleurs de France, Maresca Sorrento sera transféré de la Rousselière au Haras du Lion en 2014.

 

En illustration, le chevronné étalon d'obstacle Maresca Sorrento et le sprinter Moss Vale, qui sort presque un gagnant par jour cette année, seront transférés de la Rousseière au Lion en 2014. " Nous sommes sur des pistes de recrutement d'étalons actuellement en France et à l'étranger, mais il est trop tôt pour en parler car les discussions qui ne sont pas encore abouties. Nous ne sommes pas fermés à l'idée de la prise en pension d'étalons, dans la mesure où les propriétaires seront prêts à suivre les conditions que nous nous imposerons nous-mêmes pour offrir le meilleur service aux éleveurs. En ce qui concerne le parc étalon de France Haras, nous souhaitons conserver le jeune Spanish Moon, qui a beaucoup d'atouts pour réussir et dont j'ai beaucoup apprécié les modèles des 1e foals. Concernant Balko, un excellent cheval mais dont chacun sait qu'il a eu des problèmes de fertilité cette année, nous aimerions que son propriétaire Gildas Blain poursuivre un contrat de location, après que nous ayons mis en place les solutions à ses difficultés apparues seulement cette année, et donc certainement solvable pour cet étalon encore tout jeune. "

Par ailleurs, toujours dans un esprit de continuité par rapport à la mixité de l'offre en terme de race, le nouvel Haras du Lion projette de stationner 2 étalons trotteurs et 1 lourd, sans oublier la poursuite de la mise en place génétique de 3 étalons de sports." C'est une mission historique que nous souhaitons et devons poursuivre, tous comme les services quotidiens de suivi gynécologique par la clinique de Meslay-du-Maine, le poulinage et l'identification par nos agents, d'autant plus que le site possède tous les équipements spécifiques à chaque race et que le personnel détient toutes les compétences requises."

NB : d'autres appels à candidatures sont actuellement lancés par France Haras pour les centres techniques de Rodez, Uzès, Amboise, Couzeix et Aurillac. Plus d'infos et consultations des cahiers des charges.


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