De la Dordogne à Leopardstown, le conte de fées de Talk The Talk

01/02/2026 - Actualités
Au prix d’une fin de course tonitruante Talk The Talk a mis fin à l’hégémonie de Willie Mullins dans le Tattersalls Ireland Novices’ Hurdle. Un succès aussi fort sportivement qu’émotionnel pour son éleveuse basée en Dordogne, Lune Vergette.

 Reconnaissable de loin, Talk The Talk a réalisé une perfromance de premier plan à Leopardstown


Remporté par le passé par des champions comme Istabraq, Brave Inca ou encore Vautour, le Tattersalls Ireland Novices’ Hurdle est l’une des meilleures préparatoires au Supreme Novices’ Hurdle de Cheltenham. Vainqueur de douze des treize dernières éditions, Willie Mullins a dû se contenter de la troisième place cette année. La victoire est revenue au protégé de Joseph O’Brien, Talk The Talk. Venu des derniers, le bel alezan a signé une ligne droite de toute beauté et a su arracher la victoire d’un tout petit nez sur le fil, pour le plus grand bonheur de son éleveuse, Lune Vergette.
 
 
 
 
 
Basée en Dordogne au haras de Faydeau depuis de nombreuses années, cette Londonienne de naissance a vécu de grandes émotions ce dimanche. « J’avais peur que Talk The Talk ne se sorte pas du terrain très lourd. De plus, son jockey JJ Slevin l’a monté très loin, mais le cheval est tellement bon qu’il a signé une fin de course incroyable. Tel un boxeur, il a refusé de jeter la serviette dans le coin du ring et s’est battu jusqu’au bout. Je commence à être âgée et ce genre de choses n’est pas bon pour mon cœur ! » nous a-t-elle confié, amusée, avant de poursuivre : « Tout a commencé lorsque nous avons acquis sa grand-mère, Ryde, pour 5 500 € à Arqana. Elle avait dix ans, mais j’aimais beaucoup sa famille. Criquette et Alec Head m’ont conseillée de l’acheter, tout en me prévenant qu’elle avait un caractère très affirmé. »
 
 
   Lune Vergette
 
 
« Nous l’avons ensuite présentée deux fois de suite à Walk In The Park, qui faisait alors la monte dans le Sud-Ouest, au haras des Granges. J’ai toujours adoré ce cheval, qui avait conclu entre Motivator et Dubawi dans le Derby. Je ne comprenais pas pourquoi, à l’époque, si peu d’éleveurs lui faisaient confiance. » La première pouliche issue de cette union s’appela Walk The Walk. « Elle était à l’entraînement chez Augustin de Boisbrunet, qui plaçait beaucoup d’espoirs en elle, mais malheureusement, à cette période, mon mari George est décédé et nous n’avons pas pu la faire courir à cause de blocages administratifs. Nous l’avons donc gardée comme poulinière. »
 
 
     Talk The Talk foal
 
 
Son premier produit, né en 2021, n’est autre que Talk The Talk, un fils de Born To Sea. « Je travaille avec Alain Chopard depuis longtemps. Born To Sea est un excellent étalon. » Doté d’un physique reconnaissable de loin, de par sa robe alezane et ses quatre grandes balzanes blanches, Talk The Talk a toujours été adoré par son éleveuse. « Nous l’avons vendu lorsqu’il avait deux ans, mais avant cela, avec mon fils Frank, nous l’avions tourné en longe et il avait une locomotion magnifique, avec beaucoup de force, notamment dans l’épaule. Il y a quelques années, personne n’aurait voulu acheter un poulain alezan comme lui, mais aujourd’hui les acheteurs ne sont plus dérangés, voire même sont attirés par ce type de profils. » Nul doute que si Talk The Talk parvient à remporter le Supreme Novices’ Hurdle, la cote de popularité des alezans continuera encore de grimper.
 
 
       Un nouveau vainqueur de Gr.1 en obstacle pour Born To Sea

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