Karakontie sur les traces de son ancêtre Kingmambo aux États-Unis

29/03/2022 - Zoom Etalon
Champion en piste pour la célèbre casaque Niarchos, Karakontie avait enlevé 3 Gr.1 sur le mile, dont la Breeders’ Cup. Entré étalon au Kentucky en 2016, l’arrière-petit-fils de Miesque a un profil qui rappelle forcement son illustre ancêtre Kingmambo, devenu une référence aux USA. Déjà père de plusieurs lauréats de Groupe, dont l’invaincue Spendarella, Karakontie est en train de sa faire un nom outre-Atlantique. 

 Karakontie ©Gainesway


Brillante lauréate pour ses débuts sur l‘hippodrome de Gulfstream Park en Floride, Spendarella a confirmé quelques semaines plus tard, en remportant avec autorité sous la selle du top jockey José Ortiz les Herecomesthebride Stakes, un Gr. 3 disputé sur le gazon. En tant que « New York bred », c’est-à-dire pouliche élevée dans l’état new-yorkais, celle-ci a droit de participer aux prestigieuses épreuves se disputant sur les hippodromes de Belmont ou Saratoga pour ne citer qu’eux. Ses limites demeurent inconnues, et cette pouliche entraînée par Graham Motion pourrait très prochainement offrir une première victoire de Gr. 1 à son père Karakontie, qui lui avait brillé au plus haut niveau sur le mile, sur la côte ouest cette fois, à Santa Anita en Californie.

 
 
 Spendarella, invaincue en 2 sorties ©Bloodhorse
 
 
Placé à l’entraînement à Chantilly chez l’entraîneur anglais Jonathan Pease, comme beaucoup des représentants de la casaque Niarchos, Karakontie fait preuve d’une certaine précocité et ne tarde pas à se mettre en évidence. Il remporte son maiden pour ses débuts dès le mois de juillet de ses 2 ans, devançant ce jour-là un certain Ectot. Il sera battu d’une courte tête à Deauville pour sa sortie suivante dans le Prix François Mathet (L.), sa seule défaite à 2 ans. En effet, il reprendra sa marche en avant en remportant le Prix de la Rochette (Gr.3) et le Prix Jean-Luc Lagardère (Gr.1). A 3 ans il remporte la Poule d’Essai (Gr.1), avant d’échouer dans le Jockey Club (Gr.1) remporté par The Grey Gatsby, sur une distance sans doute trop longue pour ses aptitudes. Présenté en fin d’année dans la Breeders’ Cup Mile (Gr.1), Karakontie va sortir la plus grande performance de sa carrière, laisser ce jour-là une impression incroyable. Alors qu’Anodin semblait parti pour la gloire, Karakontie va placer une accélération foudroyante pour venir le chercher.   
 
 
 Karakontie époustoufflant dans la Breeders' Cup Mile ©Racingandsports
 
 
Karakontie imitait ce jour-là son illustre arrière-grande-mère Miesque, elle aussi brillante lauréate de cette prestigieuse épreuve pour cette célèbre casaque. Issu d’une des plus grandes souches de l’élevage Niarchos, dans laquelle on retrouve les champions Study of Man (Prix du Jockey Club Gr.1), Alpha Centauri (Prix Jacques le Marois Gr.1) ou encore Alpine Star (Coronation Stakes Gr.1), Karakontie est un fils de l’étalon américain Bernstein, à qui l’on doit la crack Tepin, et Sun Is Up, issue  du top étalon japonais Sunday Silence. La grand-mère de Karakontie, Moon Is Up, est une gagnante du Lieurey (L.), et est donc une fille de la crack Miesque. Celle qui a été élue « Cheval de l’année » en Europe en 1988, s’est révélée être une excellente mère, puisqu’à l’origine du multiple gagnant de Gr.1 Kingmambo, devenu par la suite étalon de référence aux États-Unis.
 
 
  La championne Miesque, arrière grand-mère de Karakontie

 

On retrouve beaucoup de points communs entre Kingmambo et Karakontie : d’une part leur palmarès en piste, tous deux étant multiples gagnants de Gr.1 sur le mile, et d’autre part leur patrimoine génétique commun. Ainsi, après sa carrière de course, Karakontie n’est pas resté en Europe, mais a rejoint le Kentucky et le Haras de Gainesway. Les américains avaient forcement en tête son exploit retentissant dans la Breeders’ Cup, et trouvaient là un profil intéressant, notamment pour le créneau des courses sur le turf, en plein développement dans ce pays où le dirt est roi. Entré étalon en 2016 au tarif abordable de 15 000$, Karakontie a démarré plutôt timidement avec sa première génération de 2 ans, mais s’est vite rattrapé l‘année suivante, et a vu ses 3 ans remporter plus de 50 courses, à la fois sur le turf et sur le dirt. 2021 a été l’année de la révélation puisque plusieurs de ses produits se sont illustrés au niveau Groupe. Princess Grace et None Above The Law ont remporté des Gr.2, et Spanish Affair a remporté Listed, et s’est placé plusieurs fois 2e au niveau Groupe. En France 4 produits de l'étalon ont couru, dont Ketil qui a conclu 2e du Prix d'Harcourt (Gr.2) pour André Fabre, casaque Niarchos. Nul doute qu’un succès au plus haut niveau ferait passer Karakontie dans une autre dimension. C'est tout le mal qu’on lui souhaite. 
 
 
Karakontie sera t-il le successeur de Kingmanbo ? ©sportingpost.co.za

Voir aussi...

2,4 millions d'euros pour la mémoire de Stavros Niarchos : bilan du J2 de la vente de yearlings Arqana

Descendant d'une souche fabuleuse du défunt milliardaire grec Stavros Niarchos, le lot 108, fille de Dubawi, a fait flamber les enchères jusqu'à 2,4 millions d'euros, l'un des plus gros prix jamais vus sur le ring des yearlings d'août à Deauville. Charles Gordon-Watson, agissant pour Lady Bamford, une richissime anglaise, s'est fait adjuger cette magnifique élève de Thierry Gillier (Haras Voltaire), le créateur de la marque Zadig & Voltaire, présentée par le Haras d'Etreham.a