Almanzor brille aux antipodes de l'Europe avec ses premiers yearlings

28/01/2021 - Zoom Etalon
Entré étalon au Haras d'Etreham, où il est né, après une remarquable carrière de courses, Almanzor, meilleur cheval européen de 2016, effectue en parallèle la monte en Nouvelle-Zélande, à Cambridge Stud, depuis trois ans maintenant, et a d'ores et déjà fait grand bruit jusqu'aux antipodes, avec des premiers yearlings qui se sont très bien vendus cette semaine, lors du Book 1 de la vente de Karaka. 

Almanzor, étalon effectuant la double saison de monte au Haras d'Etreham et à Cambridge Stud, en Nouvelle-Zélande 

 

Partout où il passe, il ne laisse personne indifférent ! Que ce soit sur le Vieux Continent ou aux antipodes de ce dernier, Almanzor n'a de cesse de faire parler de lui, aussi bien lorsqu'il était cheval de courses qu'aujourd'hui en tant qu'étalon. En effet, l'ancien champion européen des 3 ans en 2016 s'est distingué lors du book 1 de la vente de yearlings de Karaka, en Nouvelle-Zélande, où il était représenté par pas moins de 48 produits, 15 d'entre eux ayant d'ailleurs été présentés par Cambridge Stud, où il se rend chaque année pour faire la double saison de monte. Sur ces 48 yearlings, 42 ont trouvé preneur, engendrant un chiffre d'affaires de 8.130.000 dollars néo-zélandais (environ 4,8 millions d'euros), pour un prix moyen de 193.571 $NZ (~ 114.000€) et un top price adjugé 560.000 $NZ (~ 330.000€) en faveur d'une association composée de Yes Bloodstcok, Bruce Perry Bloodstock et Chris Waller Racing, l'entraîneur de la formidable Winx, qui ont jeté leur dévolu sur un poulain bai présenté par Hallmark Stud, frère de Subpoaned, gagnant d'un Gr.2 australien en septembre dernier pour le même entraînement de Chris Waller.

 

Le lot 578, un fils d'Almanzor acheté 560.000 $NZ par Chris Waller, l'entraîneur de la championne Winx (© NZB)

 

Né en 2013 au Haras d'Etreham de la famille de Chambure, résultant du croisement entre le phénomène Wootton Bassett et  l'américiane Darkova, Almanzor a été acquis 100.000€ par Jean-Claude Rouget à la vente de yearlings d'août Arqana qui, sans le savoir, allait vivre de grands moments avec ce poulain sur quelques-uns des meilleurs champs de courses européens. En effet, après une belle campagne à 2 ans, auréolée de trois victoires dont une au niveau Listed, dans le Grand Critérium de Bordeaux (L.), le protégé d'Antonio Caro et de Gérard Augustin-Normand est ensuite revenu plus fort à 3 ans, enchaînant par une impressionnante série de cinq victoires au niveau Groupe. Tout d'abord à Chantilly, dans les Prix de Guiche (Gr.3) et du Jockey-Club (Gr.1), puis à Deauville, dans le Prix Guillaume d'Ornano (Gr.2), juste avant de traverser la Mer d'Irlande pour rejoindre l'hippodrome de Leopardstown où il a fait sien les Irish Champion Stakes (Gr.1) face à la championne Found, lauréate du Prix de l'Arc de Triomphe (Gr.1) cette même année de 2016, et qu'il a de nouveau battue un mois plus tard, à Ascot, dans les Champion Stakes (Gr.1).

 

Almanzor, lors de sa victoire dans les Champion Stakes (Gr.1) d'Ascot, en 2016, sous la selle de Christophe Soumillon

 

Retiré de la compétition à 4 ans après une cinquième place dans le Prix Gontaut-Biron (Gr.3), Almanzor est ensuite revenu sur la terre de son enfance, au Haras d'Etreham, pour y entamer dès 2018 une nouvelle carrière de reproducteur, aux côtés de son père, Wootton Bassett. C'est d'ailleurs au cours de cette même année, au terme d'une négociation menée notamment par Gérard Larrieu (Chantilly Bloodstock), que le meilleur cheval européen de 2016 (rating Timeform de 133) s'en est allé rejoindre Cambridge Stud, en Nouvelle-Zélande, afin d'y effectuer la double saison de monte, comme le font bon nombre d'étalons européens d'ailleurs. Une nouvelle qui a fait énormément parler dans la presse car l'entité créée de toutes pièces au début des années 1970 par Sir Patrick Hogan, connue pour avoir fait naître et élevé de nombreux gagnants de Gr.1, stationné le chef de race Sir Tristam, et terminé plus de trente fois tête de liste des ventes de yearlings de Karaka (!), venait tout juste d'être achetée par le milliardaire Brendan Lindsay et sa femme, Jo, que nous avions rencontrés lors de l'une de nos pérégrinations à l'autre bout du monde - du temps où il était encore possible de franchir avec une aisance remarquable le seuil de sa maison sans masque et sans risque de contaminer son voisin -, en compagnie de Joséphine Soudan, qui entraîne dans l'Hexagone quelques-uns de leurs pensionnaires.

 

Découvrez ou redécouvrez le reportage réalisé à Cambridge Stud début 2019

 

Brendan Lindsay nous avait alors expliqué: "J’ai créé une entreprise multinationale nommée Sistema Platics, qui fabrique les tupperware à clipser qu’on trouve partout dans le monde, y compris chez vous en France. Je l’ai vendue aux américains de Newell il y a 2 ans, pour 660 millions de dollars néo-zélandais (soit 400 millions d'euros !). J’avais déjà des chevaux avec ma femme, Jo, à l’entraînement et aussi à l’élevage. Nous adorons l’ambiance des courses, avec ses hauts et ses bas, même si nous préférons les hauts évidemment. Et l’achat de Cambridge était une opportunité évidente à saisir pour renforcer notre implication dans les courses. Notre plan sur 5 ans (à partir de 2018, ndlr) est de reconstruire intégralement Cambridge. Nous avons démoli tous les anciens bâtiments, afin de laisser la place pour les nouveaux, qui seront plus modernes et accueillants, avec des bureaux, des salons d’accueil, des barns de yearlings, cour des étalons, salles de gynéco. Nous allons tout changer. Par ailleurs, nous continuons d'acheter régulièrement des poulinières, à Tattersalls et à Arqana notamment".

 

Brendan Lindsay, actuel propriétaire de Cambridge Stud, en Nouvelle-Zélande

 

Concernant l'arrivée d'Almanzor, quasiment exempt du sang de Northern Dancer, ce dernier avait alors ajouté: " Nous avons la chance d’acheter les droits de saillies de l’hémisphère sud d’Almanzor, afin de le stationner en Nouvelle-Zélande. Nous sommes limités à 140 juments et nous avons vendu toutes les saillies tellement vite que nous avons dû dire à une vingtaine d’éleveurs de revenir l’année prochaine ! Il est donc très populaire, c’est un champion doté un modèle superbe et on espère qu’il va transmettre toute la qualité de son sang français à notre élevage local".

En attendant de savoir si ces derniers auront la moelle de leur patriarche une fois lâchés sur les verts écrins des hippodromes du monde entier, force est de constater qu'ils attirent déjà toutes les convoitises sur les rings des ventes, et ce dans les deux hémisphères, le fils de Wootton Bassett ayant conclu, grâce à ses premiers yearlings, deuxième meilleur étalon du Book 1 de la dernière vente de Karaka, Savabeel l'ayant seulement devancé grâce à un meilleur prix moyen et un top price affiché à 720.000 $ NZ, et meilleur étalon de première production dans l'hémisphère sud. Vivement la suite !

 

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