"Un jour, une Casaque, racontez vos couleurs" : Didier Krainc pour l'Ecurie VIVALDI

08/07/2021 - Actualités
 Actualité oblige, ça bouge un peu dans tous les sens ces temps-ci  : récemment le chemin des urnes, l’incontournable Tour de France, le piètre itinéraire des Bleus, la Route des Vins ou des Fromages pour les plus chanceux... Bref, «  chacun sa route, chacun son chemin », et nous, nous continuons de tracer notre route des ... casaques. Celle du jour a beaucoup de piquant, de peps, de dynamisme à l’image de son mentor Didier Krainc, qui a accepté de nous transporter dans la jolie symphonie de l’Ecurie Vivaldi : casaque jaune bande et manches rouges diabolos jaunes - toque rouge.

 
Didier Krainc (photo APRH)

 

S’il était vraiment chef d’orchestre, Didier ferait sans nul doute partie de cette nouvelle génération de maestros qui ne dirige plus son orchestre à la baguette mais uniquement avec ses mains, signifiant ainsi que le chef d’orchestre dirige « avec » ses musiciens… Au sein de l’écurie Vivaldi, c’est un peu la même musique d’une symphonie à… 52 mains jouée par 26 associés... Depuis 2017, ils sont venus petit à petit grossir les rangs d’une écurie en jaune et rouge, imaginée et façonnée par Didier Krainc.
 

Bienvenue au pays de Vivaldi !...

 

Conseiller en stratégie informatique - dans les années 90, il avait travaillé à l’Agence Française (Arqana), initiant la numérisation du catalogue - il rencontre beaucoup de dirigeants, de décideurs à qui il confie bien évidemment sa petite passion  « ... et à force de rencontrer des gens qui n’y connaissaient rien et qui avaient des aprioris défavorables sur les chevaux et les courses, j’ai réussi à en attirer certains ». Après une expérience collective dans le 1er Arqana Racing Club, la décison est prise de se lancer dans une écurie de groupe « et c’est ainsi qu’est né le concept de l’Ecurie Vivaldi ».

 


La casaque de l'écurie Vivaldi, bien visible dans un peloton, portée ici par Tresorerie.

 

C’est pourtant en solo que Didier avait étrenné ses couleurs et il se souvient de sa 1ère victoire sous sa propre casaque : le Grand Prix de Libourne en 1990 avec Monaco Glitters : « à l’époque, avec ma femme, nous avons fait l’aller-retour dans la journée de Paris, en Fiat Uno, car nous n’avions pas assez d’argent pour payer une nuit d’hôtel, […]. On a reçu un magnum de vin rouge qu’on a bu avec des amis là-bas pour faire la fête… On a repris la route avec certainement 2g d’alcool, mais nous étions si heureux ! ».

 

    Orchestrée par Didier Krainc (au centre, veste claire), l'écurie Vivaldi avec quelques uns de ses actionnaires sur l'hippodrome de Deauville...

 

Musicien, chanteur, très éclectique dans les différents types de musique, Didier a sans doute choisi le nom de l’écurie dans ce registre. Pas du tout ! Il fait partie de ces personnes qui aiment que cela bouge, qu’il y ait du mouvement, de l’action… Entre les visites à l’entraînement ou les virées dans les haras et les courses bien évidemment, il veut que les actionnaires de l’écurie vivent l’aventure cheval à fond, sans frustration et «  qu’il se passe toujours quelque chose tout au long des 4 saisons »… Sa femme, pertinente et réactive, aura donc ce bon mot : « alors, il faut l’appeler l’écurie Vivaldi » .

 


Le journaliste vedette Bruce Toussaint, membre de l'écurie Vivaldi, le jour de la victoire de Pizzicato dans une Listed à Chantilly

 

Pour le choix des couleurs, l’argument majeur reste définitivement la bonne visibilité de la casaque au sein d’un peloton : « beaucoup d’actionnaires ne viennent pas toujours aux courses et il faut des couleurs facilement repérables à la TV ». L’exercice est bien évidemment soumis à un vote… On courra donc en jaune et rouge : « les couleurs pastel sont plus élégantes mais on ne les voit pas ». En tous cas, les deux tons siéent parfaitement à notre sémillant représentant de l’écurie en terme de symboles : le jaune induit l’action, la chaleur et le rouge la passion !… Ca colle bien à notre personnage, non ?

 

Trésorerie, gagnante du Prix Urban Sea (L) sur l'hippodrome du Lion d'Angers 

 

On peut donc être passionné et adorer les chevaux, mais également avoir le souci de fonctionner sur un modèle économique réaliste. Gardien du temple, Didier veille au grain : « si on veut s’en sortir, il faut taper dans le haut de gamme sauf que l’on n’a pas les moyens. Aussi, si l’écurie a 30.000€ à investir, on achète 25 % d’un cheval à 150.000€ et on est donc associé à des propriétaires extérieurs à l’écurie comme Antoine Gilibert, Philippe Lazare...».

 


Satisfied remporte le quinté du 10 juin à Longchamp sous la casaque d'Alexandre Foulon, membre de l'écurie de groupe. Vivaldi est associée sur cette pensionnaire de Stéphane Wattel à hauteur de 25%. (photo APRH)

 


Une autre particularité de l’écurie est que certains actionnaires, s’étant pris au jeu, se sont décidés à déclarer leurs propres couleurs. La casaque de l’écurie Vivaldi est devenue ainsi une casaque satellite, une « casaque-mère », en quelque sorte, qui fait des petits… Modèle très intéressant de fonctionnement qui permet de créer des vocations de propriétaires. C’est l’exemple de la pouliche Satisfied (qui doit courir Listed dimanche) : elle appartient à 55 % à l’écurie Vivaldi, et le reste est réparti entre deux autres actionnaires Christian Etienne et Alexandre Foulon, dont la pouliche portera les couleurs. Et si l’on demande à Didier ses souhaits les plus chers dans cette aventure Vivaldi, la réponse est immédiate : la pérennité de l’écurie : « on a tout fait, tout structuré pour que ça dure sans que les gens n’aient à remettre au pot. On a démarré avec un actif chevaux de 150 000€, aujourd’hui nous sommes à près de 650 000€... ». Jolie musique sur le programme Vivaldi !

 

Le bonheur est dans ...la cour d'entrainement aussi !

 

Un programme d’ailleurs bien rempli pour la grande joie de tous les actionnaires. La vie de Vivaldi ne se limite pas en effet à aller voir la casaque courir… A se demander si dans une vie antérieure, Didier ne fut pas G.O d’un club de vacances… En fait, il a tout compris de la dynamique à inventer pour créer le désir, l’envie, la passion : faire aussi découvrir, partager le parcours du cheval avant qu’il ne voit un hippodrome. Alors, cap dans le haras où est né le petit prodige, coucou à l’étalon qui l’a engendré , ou en route pour une visite chez l’entraîneur qui veille sur le bébé.

 

 

Vivaldi sur tous les fronts : ici au pré-entrainement chez Diane Lybek pour suivre les progrès des jeunes pousses

 

Aller aux courses sera la carotte sur le seau d’avoine ! Et si en plus, ça gagne, alors là, c’est « une explosion de joie et de bonheur, c’est un truc de fous […]. Lorsque Satisfied a gagné le Quinté, c’était le 10 juin dernier à Longchamp, le couvre-feu venait de passer à 23H. On était comme des fous… On constituait la moitié du public et on a mis le feu à Longchamp... ». « No limit » dans l’explosion de joie, en revanche « total limit » si cela ne se passe pas trop bien : une charte interne régit le comportement des actionnaires : «  ... ne pas exprimer clairement de reproches aux professionnels, rester gentleman et réservé... . Of course, Ladies et Gentleman !..

 


Moon Dream à Deauville.

 

Didier Krainc nous a offert, au fil de ses paroles, un joli concert, une histoire intéressante qui devrait être affichée dans les bureaux de tous les éminents chargés de com. et autres brillants conseillers en publicité et image auprès de nos instances pour développer la vocation de nouvelles casaques, animer des pesages encore un peu tristounets ou tout simplement ramener du public !. 

Mais pour l’heure, un des autres rêves de Didier est celui de beaucoup de propriétaires : gagner un Gr.1. En tous cas, qu’ils courent sous la casaque Vivaldi ou sous les couleurs de l’un des actionnaires, les Golconda, Kraquante, Mona Lisa Klaxon, Moon Dream, Pizzicato, Satisfied, Tresorerie… ont déjà permis d’écrire de belles notes de passion, de compétition, d’amitié, de partage et d’adrénaline sur la partition Vivaldi. Et le final n’est pas prêt d’être joué !...

 

 Lire ou relire toutes les rubriques : "Un jour, une Casaque, racontez vos couleurs" :

Jean-Claude Seroul / Jean-Louis Bouchard / Gérard Augustin-Normand / Pierre Pilarski /Ecurie Andrée.Cypres / Hervé.Morin / L.Fabre-Ph.Brosset 


Voir aussi...

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On poursuit notre balade en Casaque-land. Jusqu’à présent, nos étapes ont été plutôt… masculines. Mille excuses, les filles ! Il était quand même temps de redonner un peu de parité dans cette aventure. Alors, cette fois, cap sur la Route71 - Bourgogne du Sud… Et là, le choix est large : autour du vin, à vélo, gastronomie, l’art roman… Oui, d’accord mais quel rapport avec les couleurs du jour ? Nous sommes tout simplement au coeur d’une grande région d’élevage, la Nièvre, terroir de champions et terre d’une femme dont la casaque saute d’un succès à l’autre avec bonheur : Ecurie Madame Jacques Cyprès : casaque gros bleu - trois losanges et toque jaune.

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