Prix Imprudence : Malavath pour Everest Racing au galop de chasse

07/04/2022 - Actualités
Il y a plusieurs constats à tirer de ce Prix Imprudence. Déjà, la gagnante Malavath est décidément bonne, et permet à la jeune écurie de groupe Everest Racing de viser les sommets avec leur nom prédestiné. D'un autre côté, cette préparatoire classique s'est courue dans un galop de chasse, avec le chrono le plus lent depuis 2004... A-t-on vraiment appris quelque chose ? 

 

Décidément de plus en plus "classique", Francis-Henri Graffard réalise avec son équipe un début d'année tonitruant, avec un pourcentage impressionnant de 24% à la gagne et une flopée d'espoirs pour les belles courses. Homme qui aime les défis et les voyages, le natif de la Saône et Loire était passé très près de sa première Breeders' Cup l'an dernier avec la 2 ans Malavath, une petite bombe de vitesse, ayant frôlé  l'exploit sur l'anneau bien particulier de Del Mar. 

 

 

Gagnante du Critérium de Maisons-Laffitte, qui se dispute désormais à Chantilly, Malavath a toujours posé question quant à sa tenue. En remportant aujourd'hui le Prix Imprudence (Gr.3) sur 1400m dans un terrain assez collant, la jolie alezane lève quelques doutes sur le sujet, quand bien même la course a été une sorte de procession dans un galop de chasse incompréhensible. Bouclé en un petit plus de 1'32, ce Prix Imprudence a été le plus lent depuis l'édition 2024, remportée par la méconnue Onda Nova. En comparaison, Reina Madre avait mis 1'25 l'an passé, mais en bon terrain. Tout cela ne veut pas dire que l'on a affaire à un "mauvais" lot de pouliches, et loin de nous l'idée de nous prononcer sur le sujet. Cependant, c'est à se demander si l'on a appris quelque chose aujourd'hui, le maiden de 3 ans disputé 30min plus tard s'étant couru en 2 secondes de moins ! Si la tactique française est souvent opposée à celle des anglais et irlandais, ce n'est pas cette course qui va changer les choses en tout cas. 

 

Christophe Soumillon et Francis Henri Graffard en osmose, avec Barbara Keller à la tête de Malavath 

 

Mais assez râlé, et concentrons-nous sur les belles choses de la course. Déjà, Malavath représente une toute jeune casaque, celle d' Everest Racing, qui n'a eu son premier partant qu'en mai 2020 ! Cette écurie de groupe destinée à faire découvrir les courses à de nouveaux propriétaires rassemblent une vingtaine de personnes, et est managée par Ghislain Bozo. Malavath, qui leur avait offert un premier groupe dans le Critérium, aurait même pu passer à la dernière vente d'élevage ARQANA. Mais l'entourage a décidé de la conserver et de jouer le jeu avec bonheur... Bien leur en a pris ! Les autres associés sur la pouliche sont David Redvers (Tweenhills Farm), et Barbara Keller, une propriétaire suisse de longue date, dont la casaque a brillé avec Odeliz ou encore Blond Me

 

Mehmas, de plus en plus haut dans la hiérarchie européenne

 

Achetée pour environ 140 000 € à la Breeze Up de Doncaster l'an dernier, Malavath a été élevée par les O'Callaghan de Tally Ho Stud, qui avaient acheté sa mère pour seulement 14 000 Gns. Cette Fidaaha n'avait jamais couru, et été acquise 200 000 € par Shadwell 2 ans plus tôt ! Soeur de la bien connue Steip Amach, elle descend d'une souche classique Aga Khan, celle de Shergar. Tally Ho a recentré la famille sur la vitesse en soutenant son jeune étalon star Mehmas, et Malavath est issue de sa 2e génération. Entre temps, le jeune fils d'Acclamation, qui avait été un crack à 2 ans en Angleterre, a battu tous les records de première production. Mais loin de s'arrêter là, il a poursuivi sur une lancée exceptionnelle, et continue de faire pleuvoir énormément de vainqueurs, et surtout des bons chevaux ! Son prix de saillie a lui grimpé de 7500 à 50 000 € en l'espace de deux ans !

 

Une partie de l'entourage de Malavath avec notamment Ghislain Bozo, manager de Everest Racing 

Toujours est-il que Malavath a fait ce que l'on lui demandait, c'est à dire gagner. Il faut désormais voir si elle attaquera le mile de la Poule d'Essai, mais sa progression de 2 à 3 ans laisse penser qu'elle a de quoi bien faire sur la distance. Ses dauphines Zellie et Accakaba seront sans doute de la partie, dans un remake qui sera en tout cas plein de suspenses au vu des faibles écarts du jour... En espérant que ça aille un peu plus vite, car il est certain que ces excellentes 3 ans sont capables de le faire ! 


Voir aussi...

Mehmas et Capitalist, les deux étalons les plus actifs de chaque hémisphère

Avec 239 juments saillies en 2021, Capitalist, un étalon australien officiant à presque 100 000$ la saillie a été le sire le plus utilisé de l’hémisphère sud. Dans le nord, c’est l’irlandais Mehmas de Tally Ho Stud qui se place sur la plus haute marche du podium avec pas moins de 292 juments. Ces chiffres impressionnants que l’on retrouve dans de nombreux grands pays de course à travers le monde, sont plutôt récents. Jusqu’aux années 80-90 la production des étalons était nettement moins importante.

Breeders' Cup : Malavath et Graffard battus par une nièce de Pour Moi, un chef cuistot et Christophe Clément !

La française Malavath, entraînée par Francis Henri Graffard, a bien failli remporter la Breeders' Cup Juvenile Fillies Turf (Gr.1), mais a vu une flèche passer à côté d'elle dans la ligne droite. Pizza Bianca, élevée et appartenant au célèbre chef américain Bobby Flay, a offert une première Breeders' Cup à Christophe Clément, elle qui est une nièce de l'étalon français Pour Moi !

Francis-Henri Graffard, nouvel entraîneur de Son Altesse Aga Khan

 Cette fois-ci, c’est bien officiel ! Suite au départ en retraite d’Alain de Royer-Dupré en fin d’année, Francis-Henri Graffard reprendra l’effectif Aga Khan sur le centre d’entraînement privé de Son Altesse, situé à Aiglemont, sur la commune de Gouvieux (60). Une page du turf se tourne et un nouveau chapitre commence, dont les premières lignes ont été écrites, par plus tard que le 7 septembre dernier, au Croisé-Laroche, avec la 1ère victoire d'un élève princier entraîné par Francis-Henri Graffard, le 2 ans, Zanndabad.

Pierre-Louis Jamin, les confidences d'un jeune "Frenchy" de l'"English" vestiaire

Grâce à sa victoire de vendredi dernier avec Spirit Of The Lodge dans la finale du « All-Weather Championship » de Lingfield réservée aux apprentis, le jeune jockey français Pierre-Louis Jamin, pur produit de Montrevault, dans le Maine-et-Loire, entame de la meilleure des manières son année 2021 outre-Manche, où il officie à temps plein depuis presque cinq ans maintenant. Rencontre avec le « French » apprenti de Karl Burke.