Onesto, Simca Mille et Grand Glory : tous derrière les frenchies de la Japan Cup !

24/11/2022 - Actualités
La France n'y a plus brillé depuis 1987 et Le Glorieux, et l'Europe depuis Alkaseed en 2005. Richissime épreuve disputée devant des tribunes garnies chaque année à Tokyo, la Japan Cup semble un rêve inateignable, mais cela pourrait n'être qu'un souvenir ce dimanche avec 3 français au départ et pas des moindres : Onesto, Simca Mille et Grand Glory ! 

La grande ambiance de la Japan Cup avec plus de 100 000 personnes, c'est dimanche avec 3 frenchies de la partie !

 

Dans un pays où les courses sont une religion et où des milliers de fans s'amassent sur les hippodromes lors des grandes réunions, la Japan Cup fait figure de légende, chaque année en fin de saison à Tokyo. Avec une allocation monstrueuse, et de généreux bonus attribués au vainqueur de certaines grandes courses mondiales qui y performerait, il y a déjà un enjeu financier important. Le challenge en lui-même est un pari fou pour les étrangers, qui n'y ont plus vaincu depuis 2005 et Alkaseed pour Luca Cumani. Il faut dire que l'élevage japonais a monté en gamme, et s'est surtout orienté vers la tenue, que ce soit au niveau des étalons mais aussi des poulinières achetées à prix d'or aux 4 coins du globe par les grandes familles locales comme les Yoshida. 

 

Revivre l'ambiance de la Japan Cup en 2014 avec France Sire 

 

La France n'y a elle-même triomphé qu'à une seule reprise, en 1987, grâce à Le Glorieux. Entraîné par Robert Collet pour des intérêts allemands, ce 3 ans avait alors réalisé l'exploit de remporter 3 Grs.1 consécutifs sur 3 continents différents. Il avait remporté la Japan Cup sous la selle du légendaire Alain Lequeux. D'un autre côté, la Japan Cup n'est pas nécessairement la course étrangère qui attire le plus de candidatures françaises, de par sa place assez tardive dans le calendrier. Mais cette année, nos frenchies attaquent en force avec 3 candidatures, et non des moindres ! 

 

Grand Glory est de retour au Japon, cette fois-ci pour la casaque du Haras de Hus ! (aprh)

 

Il y a d'abord une habituée des lieux, Grand Glory, qui revient à Tokyo après sa très belle 5e place l'an dernier dans le sillage du phénomène japonais Contrail. Il n'y a pas cette année un champion de ce calibre sur la route de la championne de Gianluca Bietolini, qui a certes un an de plus, mais ne semble pas du tout sur la descendante. Acquise l'an dernier pour 2,5 M € par Xavier Marie (Haras de Hus), elle a porté haut ses nouvelles couleurs en 2022 avec un succès de Groupe, une 3e place à Royal Ascot dans les Prince Of Wale's Stakes (Gr.1), et une 5e place dans l'Arc de Triomphe ! Jument de fer, Grand Glory s'alignera avec Maxime Guyon pour son dernier combat avant une carrière au Haras au Pays du Soleil Levant. Elle a en effet été acquise à moitié ces derniers jours par Teruya Yoshida (Shadai Farm). Ne nous étonnons pas que le Japon produise des cracks de distance classique si nous leur vendons de telles juments...

 

Onesto sera associé dimanche à la star Christophe Patrice Lemaire (aprh)

 

Grand Glory sera accompagné par 2 jeunots, à commencer par l'un des meilleurs 3 ans français de sa génération : Onesto. Fils de Frankel élevé par Adam Bowden, un grand homme du trot aux Etats-Unis, le poulain s'est affirmé tout au long de la saison pour une grande et belle association entre trotteurs et galopeurs. Il porte depuis plusieurs courses la casaque de Gérard Augustin-Normand qui s'est greffé à l'affaire après la 5e place de Onesto dans le Jockey Club, au terme d'un parcours terrible. Le cheval de Fabrice Chappet a d'emblée fait honneur à ses nouvelles couleurs en remportant le Grand Prix de Paris, puis en étant un proche 2e des Irish Champion Stakes. Il n'a pas pu s'exprimer lors de l'Arc dans un terrain trop pénible pour ses aptitudes, mais devrait retrouver une piste qu'il affectionne dimanche à Tokyo. Fabrice Chappet a mis tous les atouts de son côté en s'offrant les services de Christophe Patrice Lemaire, français expatrié au Japon où il est devenu le meilleur jockey du pays. Il a déjà remporté la Japan Cup à 3 reprises, avec Vodka, et Almond Eye à 2 reprises. 

 

Onesto retrouvera son rival du Grand Prix de Paris Simca Mille du côté de Tokyo...(aprh)

 

Et il y a enfin le "petit poucet" Simca Mille, que nous aurions eu du mal à imaginer de la partie il y a quelques mois...et pourtant ! Sous la coupe de Stéphane Wattel, l'alezan du Haras de la Perelle a volé de progrès en progrès, passant des handicaps sur PSF en début d'année de 3 ans aux Groupes. Adepte de la course en tête, dur comme un roc, il a remporté le Prix du Lys (Gr.3) en juin avant de prendre une proche 2e place dans le Grand Prix de Paris dans le sillage d'Onesto. Il a encore fait mieux en enlevant pour sa dernière course le Prix Niel (Gr.2). Son entourage a fait l'impasse sur l'Arc, dans lequel il aurait du être supplémenté, et a préféré relever le défi et honorer l'invitation reçue dans la Japan Cup. Adepte des pistes rapides, et avec l'atout fraîcheur, le valeureux Simca Mille et Grégory Benoist n'ont peut-être pas fini de nous surprendre...

 

Simca Mille avec Grégory Benoist et Stéphane Wattel (aprh)

 

Arrivés depuis près d'une semaine, les français se sont parfaitement acclimatés et ont passé l'examen des stalles de départ, nécessaire pour s'aligner au départ. Ils ont d'ailleurs tiré de très bonnes places à la corde : le 1 pour Simca Mille, le 2 pour Onesto, et le 5 pour Grand Glory. Dans une course à 18 partants, cela compte ! Ils s'élanceront non loin de l'autre européen, Tunnes, qui partira de la stalle 7. Entraîné par Peter Schiergen, cet étonnant poulain, frère du champion Torquator Tasso, vient de s'envoler de 10 longueurs dans un Gr.1 en Allemagne. Encore tout neuf, il est décrit comme un phénomène par son mentor. Comme on l'a dit, il n'y a pas de cheval de la trempe de Contrail cette année chez nos amis nippons, et c'est peut-être bien l'année de l'Europe pour la première fois depuis 2005... Espérons que cela tourne à l'avantage de la France, avec 3 mousquetaires que nous encouragerons chaudement dimanche matin aux aurores ! 

 

Tunnes, frère de Torquator Tasso, sera à suivre pour l'Allemagne...

Voir aussi...

Grand Prix de Paris : Onesto à la gloire de ses trotteurs

C'est le plus trotteur des galopeurs entraîné en France en ce moment, et certainement pas le plus mauvais ! Elevé par Adam Bowden, un grand ponte du trot aux Etats-Unis, Onesto rassemble les deux disciplines, avec Jean-Etienne Dubois, Mathieu Millet et Fabien Rycroft d'un côté pour le sulky, et Gérard Augustin Normand, Stéphane Billon, Hubert Guy et Fabrice Chappet pour le galop... Tout ce beau monde a trinqué à la même chose hier soir lorsque le fils de Frankel a remporté le Grand Prix de Paris en patron. 

Simca Mille, un bolide né du flair du Haras de la Perelle et des mythiques souches Aga Khan

Brillant vainqueur du Prix du Lys (Gr.3), Smica Mille a fait briller la casaque du Haras de la Perelle. L’entité de l’allemand Jürgen Winter avait mis la main sur Sanjida, la grand-mère de Simca Mille, une multiple placée de groupes  issue de l’élevage du Prince Aga Khan, qui s’avérera devenir la sœur de la championne Sarafina. La Perelle va également faire le choix de croiser Swertia, la mère de Simca Mille avec le sous-coté Tamayuz.  

Onesto : de Juddmonte à Juddmonte et de trotteurs à trotteurs !

Impressionnant dans le Prix Greffulhe (Gr.2) pour Fabrice Chappet, le fils de Frankel Onesto a fait briller une association de propriétaires à l'accent très "trot", de Jean Pierre Dubois à Mathieu Millet (Hunter Valley). Issu d'une grande souche Juddmonte, et mettant fin à l'invincibilité de la "vraie Juddmonte" Agave, Onesto a en fait été élevé par Diamond Creek Farm, un haras américain spécialisé à la base... dans le trot ! 

Sea of Ash, l'Amérique à la sauce italienne

L’association des trois propriétaires italo-américains que l’on avait vu s’illustrer en 2021 avec la championne Grand Glory, compte de nouveau sous sa coupe une pouliche prometteuse avec Sea of Ash. La fille de Wootton Bassett vient d’ouvrir son palmarès à Bordeaux, elle qui restait sur deux deuxièmes places. Gianluca Bietolini semble toujours avoir cru dans cette pouliche aux origines américaines, puisqu’il l’avait engagée dans la Poule d’Essai, malgré son statut de maiden.